lundi , 24 février 2020

«Les tricheurs et les voleurs» devant être éliminés…

Le maire de Mers El Kebir, élu du parti FLN a été condamné il y a quelques jours par le tribunal d’Oran à 3 années de prison ferme et d’une amende de 50 millions pour un délit de «faux et usage de faux». Et hier, on apprenait que ce même Président d’APC a été arrêté en fin de semaine par la police, suite à un mandat d’arrêt délivré à son encontre par le tribunal correctionnel de Oued Souf, suite à son implication active dans un réseau de trafic de véhicules. Un «fait divers», devenu presque banal, qui a toutefois soulevé un débat parmi les «mauvaises langues» oranaises friandes d’affaires scandaleuses entourées d’opacité et de spéculations diverses. Selon des observateurs avertis, la wilaya d’Oran détient, toutes proportions gardées, le record du nombre de maires et d’élus suspendus, présentés devant un tribunal, ou condamnés à des peines de prison ferme ou avec sursis. Mais très rarement, ce genre de dossiers n’est décortiqué par les médias et mis en exergue sur la place publique pour servir «d’exemple à ne pas suivre». Portant atteinte à la dignité de tout le corps des gestionnaires élus ainsi qu’a la crédibilité de la gestion des affaires municipales, ces dérives et ces délits commis par des «élus» d’un système de cooptation partisan abusivement inscrit au registre de la démocratie représentative, sont bien la preuve que beaucoup reste encore à faire pour assurer le changement et la rupture avec les pratiques malsaines de bon nombre d’opportunistes-prédateurs installés aux commandes d’une collectivité locale. L’arrestation du Maire de Mers El Kébir, annoncée par la presse locale, a surpris bon nombre de résidents de la Commune qui ne pouvait s’imaginer que leur Maire n’était finalement qu’un individu obscur qui se livrait à la «falsification et au trafic de grises» pour un réseau de malfaiteurs démantelé dans la Daïra de Oued-Souf. Tout en respectant la présumée innocence du mis en cause avant son jugement, on ne peut que s’indigner qu’une telle affaire mafieuse mettant en cause un élu local, vienne éclabousser toute la sphère des gestionnaires élus de cette Commune, des plus connus sur le plan national et international à travers la grande base navale militaire située sur son territoire. Et à défaut d’explications et d’informations officielles détaillées, la porte restait ouverte à toutes sortes de rumeur et spéculations, des plus fantaisistes aux plus sordides. Le Maire mis en cause, condamné une première fois par le tribunal d’Oran, n’avait pas encore été incarcéré et, selon quelques «mauvaises langues», espérait bien «se tirer d’affaire» grâce à des «interventions», réelles ou supposées, de quelque «force occulte» voulant «garantir» son innocence. Mais rattrapé par le tribunal de Oued Souf dans une affaire de trafic de cartes grises, le mis en cause a été déjà condamné par l’opinion publique locale. Une opinion qui a souvent tendance à généraliser et à mettre tous les gestionnaires élus dans le même sac: Celui des «tricheurs et des voleurs» devant être écartés et éliminés… Une vision, certes fausse et abusive, mais qui reflète l’aspiration au changement total du logiciel de gestion et de prise en charge des affaires communales et des préoccupations sociales.
Par S.Benali