samedi , 24 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Iran, Palestine, Libye…</span>:<br><span style='color:red;'>Les trois faces d’un drame voulu par l’Occident</span>

Iran, Palestine, Libye…:
Les trois faces d’un drame voulu par l’Occident

Le nœud semble se resserrer autour du cou de la puissance perse qui sent bien une stratégie de la tension, dont l’objectif final est de passer à l’agression directe. Les forces d’occupation israéliennes, ont pris d’assaut, samedi soir, la mosquée Al-Aqsa et forcé les fidèles à quitter la mosquée par la force. Les combats autour de Tripoli, ont fait plus de 450 morts et plus de 2.000 blessés.

Le Proche-Orient est assis sur une poudrière. C’est le moins qu’on puisse dire, avec l’inquiétant développement de l’actualité dans cette région du monde. Entre la menace directe que fait peser Washington sur Téhéran, le sabotage de pétroliers saoudiens en pleine mère rouge au large des Emirats arabes unis et l’escalade militaire israélienne contre les civils palestiniens, les ingrédients d’une nouvelle guerre meurtrière sont réunis. Et ce ne sont pas les attitudes des Américains et des Israéliens qui peuvent amener les observateurs à penser autrement.
Ainsi, les quatre navires qui ont été la cible de mystérieux «actes de sabotage» au large des Emirats, ont fait monter de plusieurs crans une tension déjà perceptible dans le Golfe. Cette effervescence a lieu au moment où le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, abordait la question de l’Iran à Bruxelles. «Nous sommes très inquiets du risque qu’un conflit se produise par accident», a réagi, pour sa part, le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt. Un responsable gouvernemental émirati a précisé lundi que les bateaux en question, étaient deux tankers saoudiens, Al Marzoqah et Amjad, un norvégien Andrea Victory, et un cargo émirati, A. Michel. Une photo, fournie par le gouvernement émirati, montrait la coque endommagée de l’Andrea Victory.
A Téhéran, les autorités iraniennes ont appelé à l’ouverture d’une enquête. «Ces incidents en mer d’Oman, sont alarmants et regrettables», a dit Abbas Moussavi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, en mettant en garde contre «l’aventurisme (d’acteurs) étrangers» pour perturber la navigation maritime dans la région. De son côté, le ministre saoudien des Affaires étrangères, a «condamné» un «acte criminel» qui constitue une «sérieuse menace» à la navigation maritime et a «une incidence néfaste sur la paix et la sécurité». Il va de soi que Téhéran est clairement visé par les trois capitales alliées dans le blocus imposé à l’Iran. Même si Abou Dhabi, Ryad n’ont désigné aucun responsable, l’expression «à qui profite le crime», est quasi-systématiquement relayé par les médias proches des dirigeants saoudiens. Et pour cause, le gouvernement des Emirats a appelé la communauté internationale à «prendre ses responsabilités pour empêcher que de telles actions soient commises par des parties cherchant à porter atteinte à la sécurité de la navigation».
Le nœud semble se resserrer autour du cou de la puissance perse qui sent bien une stratégie de la tension, dont l’objectif final est de passer à l’agression directe. D’ailleurs, l’annonce par le Pentagone de l’envoi dans la région d’un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d’une batterie de missiles Patriot, en plus du porte-avions et de bombardiers B-52, ne fait plus aucun doute sur les intentions des USA.
Profitant de l’affaiblissement de l’Iran et plus généralement la posture défaitiste de tous les pays arabes de la région, Israël a actionné un véritable plan d’anéantissement de la bande de Ghaza. Des dizaines de raides lancés récemment contre l’enclave palestinienne a déjà fait plusieurs morts parmi la population civile. En cette période de Ramadhan, l’agression est double.
Le harcèlement ne concerne pas Ghaza seulement, mais s’étend jusqu’à la capitale historique de l’Etat palestinien, où les forces d’occupation israéliennes ont pris d’assaut, samedi soir, la mosquée Al-Aqsa et forcé les fidèles à quitter la mosquée par la force. «La poursuite de l’occupation israélienne à travers l’envahissement de la mosquée Al-Aqsa dans la ville d’Al-Qods et l’évacuation forcée de fidèles constitue une «agression contre les droits religieux du peuple palestinien et de la Oumma arabe et islamique et une violation flagrante en ce mois sacré du Ramadan», indique le Conseil national palestinien dans un communiqué, rendu public, hier. «La protection nécessaire pour que les fidèles musulmans puissent exercer leur droit naturel de culte», poursuit le CNP.
Le président du Conseil Salim Al-Zanoun, a réitéré que la ville d’Al-Qods «ne sera que la capitale d’un Etat palestinien indépendant conformément aux résolutions pertinentes de la légitimité internationale, et que la politique de judaïsation exercée par l’occupation, ne parviendra pas à changer son caractère arabo-islamique».
A quelques milliers de kilomètres du théâtre explosif qu’est le Proche-Orient, un autre drame se joue à nos frontières. Il s’agit de la crise libyenne qui s’est compliquée après l’offensive lancée par Haftar du Tripoli. Les combats ont fait plus de 450 morts et plus de 2.000 blessés, selon le dernier bilan établi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les affrontements et les bombardements ont fait, aussi, selon l’ONU, plus de 55.000 déplacés.
Déjà internationalisé, le conflit a suscité la réaction de l’Otan, dont le Secrétaire général, Jens Stoltenberg, a exhorté à Bruxelles les parties concernées par la crise libyenne à «mettre fin aux combats et à reprendre le processus politique». Le SG de l’Otan a également souligné que «le conflit actuel aggrave les souffrances du peuple libyen et met en danger la vie des civils». Et d’annoncer que l’OTAN «est prête à aider la Libye à se doter d’institutions de sécurité efficaces, notamment d’un ministère de la Défense moderne et d’un appareil de sécurité efficace contrôlé par une administration civile». Une offre de paix suspecte, d’autant que tout le monde sait que l’Otan est responsable du chaos libyen.
En fait, que ce soit l’Iran, la Palestine ou la Libye, l’empreinte de l’Occident et ses méfaits sur les populations du Moyen-Orient, est en Afrique du nord, est très visible. Au même moment, les Nations arabes font le dos rond…
Younes Rahal