vendredi , 24 mai 2019

Les «vraies affaires» de prédation foncière

Le maire de Bir el Djir, l’un de ses Vice-président, le secrétaire général, ainsi qu’un entrepreneur, ont été incarcérés la semaine dernière par un magistrat instructeur du tribunal d’Arzew. Les inculpés ont à répondre à plusieurs chefs d’inculpation, dont association de malfaiteurs, faux et usage de faux et passation de marchés contraires à la réglementation. D’autres personnes mises en cause dans ces mêmes affaires, notamment des responsables d’un bureau d’études et des entrepreneurs, ont été placés sous contrôle judiciaire. Commentant l’information autour du thé de la soirée, les mauvaises langues attitrées, n’étaient ni surprises ni même choquées outre mesure pas cette actualité. «Cela, n’a rien de nouveau ni de bien original dans cette Commune de Bir El Djir connue pour être le lieu des convoitises foncières et de la prédation organisée depuis des décennies…». Ce premier constat, avancé par un fonctionnaire en retraite, était totalement partagé par d’autres qui s’empressaient de citer d’anciennes affaires ayant impliqué d’anciens responsables municipaux dans cette même commune. «Tout le monde sait qu’à travers la wilaya d’Oran, certaines APC, comme Ain El Turk et Bir El Dkir, détiennent le record national du nombre de Maires destitués ou mis en cause dans des affaires de gestion frauduleuses et de détournement, avance un ancien cadre des impôts. Mais, ajoute-t-il, avant personne n’osait parler des grosses affaires de prédation foncière et de corruption impliquant des chefs de daïra, des ministres et des barons du système aux commandes depuis toujours…Aujourd’hui, il ne s’agit pas de faire payer seulement quelques lampistes…» conclu l’intervenant qui semble bien savoir de quoi il parle. Il est vrai que dans un passé récent, quelques maires en poste, ont été de temps à autres «inquiétés» par la Justice qui les a convoqués suite à des plaintes liées à leur gestion du patrimoine communale. Souvent, les élus impliqués sortaient du tribunal et reprenaient leurs activités faute de preuves suffisantes confirmant le délit. Des affaires qui avaient pour corollaire le blocage de la municipalité gangrenée par les guerres de clan, les «retraits de confiance», et les luttes partisanes pour le contrôle des commandes. Aujourd’hui, depuis l’éclosion du mouvement populaire, le «Hirak», prônant la rupture et le changement, des langues semblent se délier pour «raconter» certaines grosses affaires locales de corruption et de prédation foncière commises dans l’impunité assurée par un système mafieux aujourd’hui enfin dénoncé…

Par S.Benali