lundi , 24 février 2020

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Les vraies priorités

Le plan d’action du gouvernement qui sera présenté aujourd’hui devant l’APN, contient des mesures susceptibles de dynamiser la scène économique nationale. Tant sur le plan du soutien au PME ou encore en direction du secteur du logement, certaines idées développées par l’exécutif sont, en effet, très intéressantes et peuvent parfaitement «exciter» des pans entiers de l’économie, à même de provoquer une croissance que l’on n’attend pas forcément, compte tenu des circonstances actuelles. Il reste cependant, que cette dynamisation voulue par le gouvernement Djerad, n’est pas forcément une réelle garantie quant à un prélude sérieux au décollage de l’économie nationale. Et pour cause, l’un des grands problèmes qui empêche l’économie de décoller, se trouve être la relation quelque peu malsaine entre l’entreprise et la banque. C’est, on en convient un point essentiel de l’équation économique nationale, mais ce n’est pas le seul problème qui entrave le développement du tissu industriel.
Les lourdeurs bureaucratiques, les lobbys de l’import-import, solidement implantés dans le paysage économique du pays et la prévalence de la corruption dans le corps de l’administration, sont autant de facteurs susceptibles de réduire la nouvelle dynamique à sa plus simple expression.
Le propos n’est pas de décourager ni de douter des intentions du gouvernement, mais il s’agit surtout de souligner des évidences, à savoir que l’action de l’exécutif doit être courageuse et doit cibler les véritables origines du malaise. Il est sans doute beaucoup plus facile de le dire que de le faire, mais il y a aussi un impératif socio-économique dont il faut tenir compte.
Les Algériens qui, soit dit en passant, ont depuis longtemps identifié les tares de leur économie, jugeront à leur juste valeur les initiatives du gouvernement dans la lutte contre les marchés informels et la dynamisation de l’économie qui sevrait à se ressentir dans la vie quotidienne.
Cela, pour dire que les annonces du gouvernement, pour spectaculaires qu’elles puissent être, courent le risque de s’écraser sur le mur d’une opinion publique intransigeante, notamment sur des dossiers, en principe à portée de main, comme une meilleure maîtrise des circuits de distribution des produits subventionnés et également sur des aspects politiques liés aux libertés individuelles et collectives. Que l’exécutif le veuille ou pas, ces deux dossiers sont porteurs d’une réelle dynamique sociale et politique en sus d’un sérieux retour de confiance dans l’action de l’exécutif. Bref, les Algériens connaissent les vraies priorités.
Par Nabil.G