dimanche , 15 décembre 2019

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Les vrais enjeux

Ils sont tous là. Trump, Poutine, Merkel, Xi Jinping, May, Macron, Erdogan et tous les autres que l’on classe parmi les plus riches de ce monde. Dans ce G20 de Hambourg où l’on va parler officiellement de climat, de commerce et d’immigration, l’intérêt est en réalité ailleurs. Car, c’est dans ce genre de rencontres et au cours des rencontres bilatérales que l’on refait le monde et que l’on avance ses pions.
Les discussions sont âpres et éreintantes et personne ne veut rien concéder à l’autre. Les intérêts et les questions géostratégiques font et défont les alliances. Bien sûr depuis l’avènement de Donald Trump, il devient de plus en plus compliqué de discuter avec les Etats-Unis à cause du caractère imprévisible du président américain qui carbure plus à l’instinct qu’à l’étude approfondie et réfléchie des dossiers. Ce même Trump qui n’a pas hésité à cataloguer les leaders de pays en déstabilisateurs et alliés. Et il classe le président russe dans la première catégorie, ce qui n’est pas fait pour apaiser les tensions dans le monde.
Il faut dire que Trump en fait manifestement un peu trop dans ces attaques contre Moscou. Et l’explication est simple à trouver, car, le président américain empêtré dans une affaire lourde de l’implication de la Russie en sa faveur dans les élections américaines, croit se dédouaner de cette proximité en montrant une hostilité exagérée envers Poutine.
Donc, le climat, le commerce ne pèsent pas lourds vraiment dans cette rencontre, mais il s’agit bien de se plancher sur des dossiers qui divisent réellement. Bien sûr le premier d’entre eux est le dossier syrien, surtout en cette veille de la fin annoncée de Daech. Russes et Américains et à un degré moindre, Européens se mènent une lutte acharnée pour sortir avec le plus gros butin de ce long affrontement où ils ont beaucoup investi en hommes, en armes et en argent. Le cas de la Corée du Nord est aussi au centre des préoccupations et le sort du gouvernement coréen pourraient soulever des divisions profondes et même des ruptures diplomatiques.
La crise du Golfe et le sort qui doit être réservé au Qatar, sera aussi sur la table. Les Saoudiens présents à ce sommet, tenteront tout pour affaiblir Doha, mais en face les Turcs, fidèle allié du Qatar, sont tout aussi prêts à engager le bras de fer. Une autre crise qui pointe à l’horizon et qui ne fait que polluer encore davantage le climat dans une région secouée par beaucoup de guerres et d’intérêts qui engagent les plus grands de ce monde.

Par Abdelmadjid Blidi