dimanche , 17 novembre 2019

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L’esprit de la Constitution

La situation actuelle ne permet pas les effets de manches et les grandes envolées lyriques. La situation est assez compliquée pour ne pas permettre de se retrouver dans le pire qui soit, à savoir le vide constitutionnel. Un vide qui peut mener vers les pires scénarios qui soient et qui constituerait un séisme d’une telle magnitude qu’il peut ébranler l’Etat algérien et ses institutions pour une très longue période.
L’annulation de la présidentielle du 4 juillet a, il faut le reconnaître, mis l’option constitutionnelle devant une rude épreuve et obligé, à travers le Conseil constitutionnel, à émettre son avis, en conformité avec l’esprit de la Constitution, pour prolonger le mandat du chef de l’Etat, jusqu’à l’organisation des futures élections. Dans ce cas, la Constitution, selon plusieurs spécialistes, a été respectée du moins dans son esprit, pour ne pas se retrouver dans le vide constitutionnel.
Un vide qui serait la pire chose qui pourrait arriver au pays et qui ouvrirait une longue période d’incertitudes et de déviations qu’il serait bien difficile de rattraper par la suite. Dans cette grave crise politique que connaît le pays, il s’agit d’abord d’enclencher les meilleurs et les plus réalistes mécanismes pour revenir au plus vite à la légitimité populaire. Une légitimité qui ne peut sortir que des urnes et avec l’élection d’un président de la République auquel reviendra la lourde charge d’engager les reformes nécessaires pour ne pas se retrouver face aux écueils auxquels on fait face aujourd’hui.
L’erreur fatale serait de croire, en ces temps de transition, que l’on peut affaiblir le pouvoir en affaiblissant l’Etat. Un amalgame que certains veulent entretenir, alors qu’ils savent au fond, que l’Etat doit être préservé, et que c’est là une dangereuse manœuvre qui cible l’existence même de l’Algérie. Un piège d’une grave dangerosité, que l’on veut couvrir de concepts démocratiques, qui dans ce cas précis relève de bien d’autres choses et de calculs mesquins d’affaiblissement de l’Etat en tant que tel.
L’urgent aujourd’hui est bien d’œuvrer à trouver ensemble, sans exclusion aucune, les meilleurs moyens légaux pour dépasser cette phase difficile et revenir à la légalité constitutionnelle et populaire en organisant les élections présidentielles, dans les plus brefs délais, et refermer cette parenthèse de transition qui a déjà assez duré.

Par Abdelmadjid Blidi