mardi , 23 juillet 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Loukal à propos des conséquences de l’incarcération de plusieurs patrons </span>:<br><span style='color:red;'>«L’Etat sauvegardera les entreprises concernées»</span>

Loukal à propos des conséquences de l’incarcération de plusieurs patrons :
«L’Etat sauvegardera les entreprises concernées»

Le gouvernement s’est engagé à préserver les entreprises dont les responsables ont été poursuivis en justice et certains d’entre eux emprisonnés dans le cadre du processus de lutte contre la corruption. Après les assurances émanant du Directeur général du développement industriel et technologique au sein du ministère de l’Industrie, Mustapha Hamoudi, c’est au tour du ministre des Finances, Mohamed Loukal, de réitérer l’engagement de l’Etat à préserver l’outil de travail des milliers d’employés.

Le ministre a ainsi mis en avant la nécessité de préserver les entreprises qui contribuaient à la création de richesses, confirmant le maintien de leur fonctionnement. Il a affirmé que ce dossier était au centre des préoccupations du gouvernement. Dans ce sens, M. Loukal a indiqué que L’Etat a pris les mesures nécessaires pour sauvegarder l’outil de production et les postes d’emploi des entreprises économiques, dont les propriétaires sont incarcérés pour des affaires de corruption et autres, a assuré le ministre des Finances.
Dans un entretien accordé à l’agence APS, le ministre déclare : «Nous sommes en train de travailler au niveau du gouvernement pour dégager des solutions juridiques concernant ces entreprises et je peux vous assurer que l’outil de production et les postes d’emploi au niveau de ces entreprises seront sauvegardés coûte que coûte».
Parmi les mesures prises, M. Loukal a évoqué la mise en place d’un Comité intersectoriel ad hoc, placé auprès du ministère des Finances et composé des membres du gouvernement et du gouverneur de la Banque d’Algérie.
«Le gouvernement, qui ne pouvait pas rester passif à ce qui se passe sur la scène économique, a décidé de mettre en place un dispositif de sauvegarde pour prévenir les éventuelles turbulences susceptibles d’impacter l’emploi, la production et le climat des affaires en général en Algérie», a-t-il affirmé.

Loukal confirme le gel du financement non conventionnel

Dans un autre cadre qui concerne les finances publiques, le ministre confirme une décision prise ces derniers jours par le gouvernement. Il s’agit du gel définitif de la planche à billets. Le ministre a affirmé que le financement non conventionnel a été gelé pour l’année 2019, mais restera un instrument de financement valable jusqu’à 2022, rappelant que cette décision (le gel) a été prise lors d’une réunion du gouvernement, tenue le 26 juin dernier.
Donnant plus de détails quant à cette suspension, le ministre a expliqué que le gouvernement a décidé de satisfaire les besoins de financement de l’exercice 2019 sans recourir, de nouveau, au financement non conventionnel qui restera figé à son niveau de janvier 2019, soit à 6.553,2 milliards (mds) de DA.
Interrogé sur les conséquences de cette décision et de quelle manière le gouvernement compte faire face aux besoins de financement au titre de l’année en cours, le ministre a expliqué qu’elle sera assurée par des «sources alternatives», disponibles sur le marché, avec une politique budgétaire basée sur une rationalisation soutenue des importations.
«Sur les 6.553,2 mds de DA mobilisés dans le cadre du financement non conventionnel, appelé communément «la planche à billets», environ 5.500 mds de DA ont été injectés dans l’économie. Il reste donc 1.000 mds de DA environ, mobilisés depuis le 18 janvier 2019, qui sont destinés à financer une partie du déficit du Trésor de l’exercice en cours», a-t-il expliqué.
Le ministre a évoqué en outre le déficit dont fait l’objet la Caisse Nationale des Retraites (CNR) qui a atteint 1.952,57 mds de DA (9,6% du PIB), dont 900 mds de DA ont été couverts par le recours au financement non conventionnel.
«Avec les 570 mds de DA mobilisés en 2017, la couverture du déficit du Trésor par le biais de ce financement avait atteint 1.470 mds de DA à fin 2018, a relevé encore le ministre», détaille le ministre.

L’endettement extérieur n’est pas une priorité pour l’Algérie

Pour ce qui est du sujet de l’endettement extérieur qui revient à chaque fois au-devant de la scène, le ministre écarte le recourt actuellement à cette option.
Le membre du gouvernement a indiqué que l’endettement extérieur ne constitue pas une priorité pour l’Algérie, mais pourrait être envisagé pour financer des projets structurants et rentables.
«Le recours au financement extérieur ne constitue pas, à l’heure actuelle, une option prioritaire, mais il pourrait être envisagé pour assurer, de manière ciblée, le financement de projets structurants et rentables», insiste-t-il. Enchainant dans le même cadre, M. Loukal a indiqué qu’une «éventuelle mobilisation de financements extérieurs devra, en outre, se soumettre à des dispositions particulières en termes de délais, dans le cadre de crédits assortis de conditions avantageuses et ciblées».
En réponse aux avis de quelques analystes qui avaient redouté un recours imminent de l’Algérie au FMI, M Loukal a écarté cette démarche. Dans ce sillage, le ministre a rassuré que «l’Algérie n’est pas sous la menace du FMI. Nous avons des réserves de change assez confortables, un endettement externe ne dépassant pas 1% du PIB et des sources alternatives qui nous permettent de continuer à assurer les dépenses de l’Etat sans aggraver le recours au financement non conventionnel ; Notre marge de manœuvre (en matière de possibilités de financement) reste préservée».
Alger: Samir Hamiche