vendredi , 23 août 2019

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L’été, la CAN et l’Aïd El Adha

En cet été, sous le signe de la mobilisation populaire et dans la ferveur sportive créée par l’équipe nationale de football, les Algériens, tous à leur euphorie, en arrivent à oublier que dans quelques deux semaines, ils fêteront l’Aïd El Adha. Dans l’ambiance estivale tout à fait exceptionnelle, cet événement religieux, l’un des plus importants dans le calendrier, arrive à point nommé pour renforcer le ciment sociétal confirmé par le mouvement populaire et la victoire des Verts en coupe d’Afrique de football.
La question qui se pose sera à savoir, si les Algériens s’accrocheront à leur optimisme, puisque jusque là tout leur a réussi, même le Ramadhan et l’Aïd El Fitr, ou alors auront leur mine habituelle dès l’ouverture des marchés à bestiaux. Car les Algériens voient les prix de l’ovin s’envoler. Les maquignons imposent donc leur loi au vu et su de tous. Celle-ci rend irréversible la valeur du mouton d’année en année. Cette année fera-t-elle exception ? Rien n’autorise une réponse positive à cette question.
L’on n’a pas vu une seule fois depuis 57 années le mouton se vendre moins cher. La courbe est ascendante et aucun facteur ne semble agir sur le marché à bestiaux. La sécheresse, l’abondance des pâturages, la chute des prix des aliments sur le marché international, une abstinence forcée des consommateurs, et même toute la volonté du gouvernement de réguler le marché en important des ovins, n’ont absolument eu aucun effet sur le prix du mouton de l’Aïd qui n’en finit pas d’augmenter.
Pourtant, cette année particulièrement, on pourrait espérer une baisse des prix, même relative, le Ramadhan et l’Aïd El Fitr ayant été cléments sur le tableau de la mercuriale. Ces facteurs, associés à l’exceptionnelle situation politique du pays militerait pour un Aïd El Adha, plutôt abordable. Mais penser cela, c’est compter sans l’appétit vorace des intermédiaires qui, en prenant le contrôle de toute la filière ovine, agissent à leur guise. Ils font et défont les pronostics et mettent le peuple devant une situation tout à fait incongrue. Les pères de famille en arrivent à être devant un véritable dilemme annuel : se passer d’un rite cher à notre religion ou s’endetter lourdement au point de déstabiliser le budget familial. Car en plus de la dépense de l’Aïd El Adha, les Algériens feront bientôt face à celle de la rentrée scolaire.
Les agissements de cette faune de spéculateurs a des incidences encore plus importantes, donnant du gouvernement intérimaire, déjà décrié, l’image d’un exécutif incapable de contrôler un marché sur lequel il intervient en amont via des subventions et autres aides de l’Etat.

Par Nabil.G