mercredi , 27 mai 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Energies renouvelables</span>:<br><span style='color:red;'>L’expérience algérienne présentée aux Africains</span>
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Energies renouvelables:
L’expérience algérienne présentée aux Africains

Il est clair qu’en l’état un partenariat inter-africain n’est possible qu’avec l’association d’une partie détentrice de la technologie, mais il y a tout de même la possibilité pour les Africains de s’approvisionner en cellules photovoltaïques, déjà produites par deux entreprises algériennes.

Alger: Smaïl Daoudi

La stratégie de l’Algérie en matière de développement de l’énergie renouvelable, a figuré en bonne place à la deuxième journée du Forum international sur l’investissement et les affaires en Afrique. Le ministre de l’Energie a, en effet, mis en évidence l’ambition du pays de produire quelques 20.000 mégawatts d’électricité d’origine renouvelable, entre le solaire et l’éolien. Dans la foulée de son intervention devant les institutions et hommes d’affaires africains, le ministre a annoncé le lancement en 2017 d’un appel d’offres international portant sur la production de 4.000 MWH. Cette quantité est un objectif intermédiaire que s’est fixée l’Algérie à échéance 2025. L’objectif des autorités qui garantissent l’achat de l’électricité produite par la Sonelgaz à un tarif encourageant pour les investisseurs, est prioritairement d’établir en Algérie une industrie du renouvelable. Entendre par là que les opérateurs intéressés par l’Appel d’offres doivent investir dans les équipements et garantir un niveau d’intégration maximal. Il faut dire à ce propos, que la silice, premier composant d’une cellule photovoltaïque est disponible en grande quantité dans le sud du pays. Le ministre qui souligne que l’objectif à terme du gouvernement est de réaliser une production en renouvelable de l’ordre de 20.000 mégawatts à l’horizon 2035, note que le recours au financement international s’explique grandement par les difficultés qu’éprouve l’Algérie de finance de Méga projet sur fonds propres. Il reste cependant que l’autre objectif d’un partenariat avec l’étranger est de bénéficier d’un transfert de technologie.
En soumettant l’expérience algérienne qui a déjà mis en service 16 centrales, une capacité de 195 MWH sur un objectif à la fin de l’année de 343 mégawatts répartis à travers 40 wilayas, aux partenaires africains, c’est surtout à titre illustratif. Il est clair qu’en l’état un partenariat inter-africain n’est possible qu’avec l’association d’une partie détentrice de la technologie, mais il y a tout de même la possibilité pour les africains de s’approvisionner en cellules photovoltaïques, déjà produites par deux entreprises algériennes. Il reste que dans tous les cas de figure, qu’à l’échelle de l’Afrique, il y a un réel problème de financement des énergies renouvelables et qu’il faut «solutionner rapidement», a admis le ministre de l’Energie. Il préconise l’implication directe des Etats. «Cette approche doit inclure les groupes internationaux spécialisés dans la production des équipements énergétiques pour accompagner les industries sous-traitantes locales» dira-t-il.
Pour l’Algérie, l’effort du gouvernement est soutenu par des entreprises privées dont l’organisation patronale. Le Forum des chefs d’entreprises a, dans un passé très récent, annoncé la mise en production à moyen terme de quelque 2.000 MWH. Un signe censé encourager les partenaires étrangers à répondre positivement à l’appel d’offres sur les 4.000 MWH. Pour le gouvernement, «cette stratégie a pour objectif, d’une part, de contribuer à la préservation des ressources fossiles et d’autre part, participer à l’émergence d’une énergie nationale du renouvelable qui favorisera la transition énergétique et le développement durable» a souligné, début novembre, la secrétaire générale du ministère de l’Energie.