vendredi , 23 août 2019

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L’histoire d’un accord

L’accord d’association Algérie-UE a fait perdre à l’Algérie plus de 700 milliards de dinars de recettes douanières, en 12 années d’application. C’est le prix que l’Algérie devait apparemment payer pour revenir sur le devant de la scène économique mondiale. On se souvient, en effet, que la ratification dudit accord, intervenue en 2002, était vue comme une véritable bouffée d’oxygène pour l’Algérie, à l’époque totalement isolée du monde. Les Européens qui attendaient que le pays s’effondre complètement pour se l’accaparer, ont dû se résoudre à une solution alternative après que l’Algérie ait démontré des capacités de résistance hors du commun. Les occidentaux se sont résolus à négocier un retour en grâce de l’Algérie. Et comme tout se monnaye, les clauses de l’Accord d’association étaient là pour démontrer que personne ne fait de cadeaux, dans le monde de la géostratégie.
L’Accord d’association signé est entré en vigueur 3 ans plus tard, l’Algérie a pu disposer d’une «fenêtre» de tir pour améliorer sa compétitivité économique. Il était clair, cependant que intérêt contre intérêt, les Européens et les Français en tête, ont fait le nécessaire pour capter l’essentiel des dépenses de l’Etat algérien. Les cours du pétrole remontant, la mise de l’Accord d’association a été gagnante pour les entreprises outre méditerranée.
12 années après, quel bilan faire de cet accord et quel bénéfice en a réellement tiré l’économie nationale ? L’on peut se poser ce genre de questions et aligner les critiques à l’endroit de l’Etat algérien qui aurait mal négocié. Il serait trop facile d’avancer pareille assertion aujourd’hui. Mais lorsqu’on se projette dans le passé, on pourra comprendre que l’objectif de l’Algérie, à l’époque, était politique, voir géostratégique. Après un retour triomphale sur la scène africaine à travers un sommet d’Alger réussi, il fallait au pays de s’ouvrir les portes de l’Europe. Il fallait pour se faire payer le prix.
On peut aujourd’hui, affirmer que l’on a assez fait pour mériter notre place dans la scène mondiale. On peut arrêter de payer, renégocier d’égal à égal. Mais cette fois, on ne parlera que d’économie. L’Algérie n’a plus besoin d’aucun quitus.

Par Smaïl Daoudi