dimanche , 26 janvier 2020

L’Histoire en mémoire, mais Comment

Sans l’éducation, la culture, le civisme responsable et le respect collectif, des valeurs fondatrices de notre Nation, rien de positif, ni de durable, ne peut être forgé au sein d’une société, tirée sans cesse vers le bas. La cérémonie organisée hier, en hommage aux glorieux acteurs de l’événement historique, de l’attaque de la Grande Poste d’Oran, ayant permis de rassembler l’argent pour l’achat d’armes destinées à la Révolution, est en soi une initiative louable, méritant d’être applaudie. Les autorités locales, le Maire et le Wali d’Oran, ont eu le mérite de s’impliquer dans cette manifestation qui a permis cependant, de dévoiler le manque de cohésion et de mobilisation des élites intellectuelles oranaises, encore une fois inscrites aux abonnés absents. Les anciens moudjahidines, les proches, réels ou présumés, des acteurs historiques, les rares témoins encore vivants, de l’événement étaient bien présents, en cette occasion, pour marquer comme ils le pouvaient cette date, plus ou moins bien connue, de l’Histoire de notre ville. Une date, qui comme bien d’autres, n’est évoquée au fil des ans, qu’au détour d’un rappel, d’un souvenir ou d’une évocation d’un petit groupe d’anciens oranais, encore vivants… Mais appelés évidemment à disparaître. Ceux qui sont censés graver dans les mémoires par l’écrit et «l’institutionnalisation» d’un hommage à l’évènement, les universitaires, les chercheurs, les historiens, ne semblaient guère intéressés ou motivés par ce genre de manifestation. A quelques exceptions près, ceux qui se tenaient à l’écart de la petite foule, applaudissant à la levée du drapeau, s’adonnaient à leur sport favori: celui de la critique et du dénigrement de cette action, n’insistant évidemment, que sur son aspect improvisé et ses contours populistes. Il est certes vrai, que la manifestation était axée sur deux discours, celui du représentant des moudjahidines, puis celui du Wali d’Oran, s’adressant aux participants devant la Grande Poste, sur la rue Khémisti, fermée à la circulation. Il est vrai, que bon nombre de citoyens de passage, ne comprenaient pas de quoi il s’agissait, si ce n’était les photos et coupures d’anciens journaux, affichées le long des panneaux, installés sur la placette. Certains pensaient même, qu’il s’agissait d’une action électorale, liée aux prochaines législatives… «Ils auraient pu organiser cela, dans une grande salle de conférence, avec des témoignages et des débats…»Une réflexion émanant d’un universitaire qui semble oublier, qu’il serait le premier à blâmer, pour «le déficit d’organisation et de communication» qu’il condamne, si pompeusement. Faut-il qu’un wali, en charge du développement local, s’immisce dans le rôle et la mission de ces structures universitaires, CRASC, CREDICH et autres laboratoires, chargés d’écrire et de glorifier l’Histoire d’Oran ‘ La Ville désertée par ses élites universitaires, boudée par des intellectuels qui préfèrent s’installer confortablement loin du véritable terrain des luttes sociales pour le progrès et l’émancipation, semble condamnée à souffrir de ses déficits et de ses fausses réputations. Au risque de perdre de sa substance historique, urbanistique et culturelle, devant forger les véritables ambitions, permettant de construire les grandes métropoles.

Par S.Benali