mercredi , 11 décembre 2019

....:
L’impérieux bien commun

Dans son ton, dans le choix des mots, dans la posture, le Premier ministre Ahmed Ouyahia, a clairement fait le choix de la temporisation et du calme dans ses réponses aux députés de l’APN. Ouyahia s’est contenté d’apporter les réponses et de défendre les réalisations de son gouvernement en apportant cette fois des chiffres précis. Mais pour cette fois, on savait que le chef de l’exécutif n’était pas tellement attendu dans le volet économique, mais bien dans le politique, et surtout par rapport aux derniers développements qu’a connu le pays au cours de la semaine écoulée.
Revenant sur les marches qui ont eu lieu un peu partout sur le territoire national, le Premier ministre, a d’emblée, rappelé que c’est là un droit garanti par la constitution. Mais tout en saluant le caractère pacifique de ces marches, il a tenu à mettre en garde contre les manœuvres politiques qui pourraient les traverser et a tenu pour cela, à appeler à la vigilance. «Le peuple doit faire preuve de vigilance quant aux appels anonymes, notamment face aux tentatives de certains milieux étrangers de s’incruster dans ces manifestations pacifiques pour faire sombrer le pays dans le chaos». Malheureusement, on ne saura pas plus sur ces «milieux étrangers», puisque la chef de l’exécutif ne les a pas clairement identifiés ni révélé si ces conclusions sont faites à partir d’enquêtes avérées des services de sécurité.
Mais au delà des événements que connait le pays actuellement, le souci de Ahmed Ouyahia, au-delà de l’actualité elle-même, et de rappeler que le plus important reste l’Algérie et la stabilité, car, pour lui ce pouvoir ou tous les autres pouvoirs sont appelés à partir et ne restera que l’Algérie et elle doit être préservée. «Notre intention n’est guère de faire peur au peuple quand bien même il pourrait être en désaccord avec le gouvernement, mais la patrie vient avant tout».
Ouyahia en revenant sur les réalisations du gouvernement, et en rappelant l’intérêt de la conférence nationale prévue, a aussi tenu à rappeler qu’il reconnaît que le travail du gouvernement n’a pas été parfait, qu’il y a eu certaines défaillances, mais que le plus important reste de transmettre un «message d’espoir» dans l’avenir.
Manifestement, le Premier ministre a fait le choix de la modestie et surtout d’éviter le langage de l’affrontement se contentant de rappeler les convictions profondes du gouvernement et l’impérieuse nécessité de mettre l’intérêt de l’Algérie au-dessus de toute autre considération.