vendredi , 21 février 2020

L’implication des habitants dans les affaires de la Cité

Samedi dernier, à l’occasion de la célébration de la «Journée nationale de la Commune», le Wali d’Oran, visitant l’exposition organisée au siège du cabinet du maire, a saisi l’occasion pour expliquer sa démarche et sa vision de la politique de gestion des affaires de la Collectivité. De l’utilisation du patrimoine foncier disponible jusqu’à l’hygiène et l’environnement en passant par les infrastructures sportives, la préservation des archives, l’investissement ou la délivrance des permis de construire, plusieurs volets de l’activité municipale ont été évoqués, soulevant parfois de sévères critiques et remontrances de la part du premier responsable de la Wilaya. Concernant, notamment, la délivrance des permis de construire, le Wali d’Oran a souligné qu’une récente inspection des services de la wilaya a fait l’objet d’un rapport, peu flatteur, relevant des retards et des carences dans la prise en charge de cette mission. « Ce rapport, a indiqué le Wali aux agents concernés, devrait être en vos mains afin d’améliorer la situation ». «Un permis de construire, a indiqué le responsable, doit être étudié et délivré rapidement s’il répond aux conditions fixées par la Loi et la réglementation. En cas de difficultés d’appréciation, adressez-vous à la Wilaya», a souligné le wali qui a clairement mis en garde les concernés sur les dérives ou les «complaisances « accordées en ce domaine. «Même si moi-même, je vous demande de procéder à la délivrance d’un permis de construire que vous jugez non conforme, vous devez dire Non et le rejeter», a indiqué le Wali. Des propos pleins de politesse et de courtoisie, mais qui confirmaient en arrière-plan l’ampleur des dérives et des dépassements depuis longtemps constatés sur ce registre des «permis de construire» souvent ouvert lui aussi au créneau de la prédation. Interpellant les élus communaux sur l’état des lieux en matière d’hygiène publique et d’environnement, le Wali ne pouvait que déplorer les insuffisances et les carences qui marquent encore ce volet élémentaire et primordial de la mission municipale. Une récente étude de l’AND a mis en évidence plusieurs dysfonctionnements dans la collecte des déchets qui se répercutent négativement sur l’environnement. Prés de 80 tonnes de déchets par jour ne sont pas ramassées par le système de collecte actuel qui compte pourtant un nombre très important d’agents de nettoiement, plus de 3 000, mais dont plus d’un tiers sont payés et ne font «que de la figuration». Sans entrer dans les détails des contraintes et des dysfonctionnements, le wali d’Oran a déclaré «qu’il est nécessaire et urgent d’assainir la situation en matière d’hygiène et d’environnement ». Évoquant d’autres sujets, tels que l’affectation d’assiettes foncières aux promoteurs, le wali a rassuré ces opérateurs privés en indiquant qu’il allait mettre en œuvre une nouvelle approche permettant aux investisseurs dans l’immobilier d’acquérir des terrains sous réserve que leur projet englobe, en plus des logements, toutes les structures de proximité, administratives et sociales nécessaires à la vie collective des résidents. Le responsable de l’exécutif a, par ailleurs, insisté sur la nécessité d’associer et d’impliquer les citoyens dans le choix de certaines décisions d’investissements ou d’affectation de grands espaces fonciers récupérés sur le tissu urbain, à l’image du terrain de «Batimat Etalian» dédié à un projet de parc citadin et soumis aux propositions des oranais. Une démarche qui ne peut être que saluée par l’opinion locale, tant elle ferme la porte aux grands prédateurs de tous bords qui, depuis toujours, convoitent les terrains à haute valeur marchande sur le tissu urbain oranais.
Par S.Benali