vendredi , 23 août 2019

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L’impossible n’est pas Algérien

Ils l’ont fait. La 31ème coupe d’Afrique des Nations de football est Algérienne. Les poulains de Belmadi ont réussi un parcours exceptionnel. Ils se sont imposés là où on ne les attendait pas. Depuis le jour où le sélectionneur national a annoncé l’intention des Verts de décrocher le sacre africain, jusqu’à avant-hier, on n’était pas très nombreux à «signer des deux mains». Les victoires se succédaient certes, mais l’idée même de voir les Fennec à la tête du continent après 29 ans d’attente, était saugrenue, sachant l’état de l’équipe nationale, il y a de cela à peine deux ans.
Pourtant, ce qui s’interprète comme un exploit de l’actuelle génération de footballeurs n’est en réalité qu’une issue logique à un travail entamé avec détermination par le sélectionneur, mais également et sûrement, parce qu’il est question d’Algériens. Et pour cause, l’entraîneur, comme les joueurs, se sont fait la promesse de déjouer les pronostics de faire en sorte à ce que les 4 mondialistes africains s’effacent devant leur courage et leur détermination.
Ce qui s’est produit en terre d’Egypte n’est pas étonnant, parce que ces jeunes hommes ont de qui tenir. Ils sont les descendants d’un peuple qui a défié une puissance mondiale et mis en échec une entreprise de colonisation de peuplement. Ils appartiennent à une génération qui a mis à genou tout un système, chamboulé les plans de dizaines de hauts responsables, provoqué la redistribution des cartes dans le paysage politique nationale, sans qu’il n’ait besoin de verser une seule goutte de sang. C’est qu’au fil des combats pour la liberté et la démocratie, les Algériens ont compris la valeur du sang versé par les millions de martyrs. Les poulains de Djamel Belmadi qui ont pris exemple sur leurs frères et sœurs, auteurs de la plus exemplaire Révolution du 21 siècle, ont défié les « lois » du football et ont reconstruit une équipe imbattable en l’espace de quelques mois. Personne n’attendait cette coupe, comme personne n’attendait l’Indépendance de l’Algérie, après 7 années de guerre de Libération nationale. C’est donc cela l’Algérien, c’est un faiseur de miracle. Et le miracle du Caire n’en n’est pas vraiment un dans l’esprit de Djamel Belmadi, parce qu’il est justement Algérien. Et s’il décide de rêver à la coupe du Monde, il faut le laisser le dire, car l’impossible n’est pas Algérien.

Par Nabil G