mardi , 23 juillet 2019

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L’offre qui change tout

Les cartes sont désormais sur la table. L’offre de dialogue cette fois est claire et bien définie. Elle n’est pas que claire, mais elle répond surtout à la quasi majorité de tout ce qui a été considéré, jusque là, comme préalable par les acteurs politiques de l’opposition et d’autres forces encore.
Le président de l’Etat a tenu à détailler au plus précis chaque point. Il a aussi tenu à devancer ce qu’il a qualifié de déviation de cette offre, soit par des interprétations malveillantes ou par de possibles malentendus. Et a tenu à clarifier que la démarche est sincère et dénuée de tout calcul, puisque l’Etat s’effacera cette fois au profit des parties qui auront à engager ce dialogue pour sortir le pays de cette crise. « A cet égard et afin d’éviter toute interprétation et de dissiper tout malentendu, l’État dans toute ses composantes, y compris l’Institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus. Il se contentera de mettre tous les moyens matériels et logistiques à la disposition du Panel de personnalités, qui décidera lui-même des modalités de son fonctionnement ».
Ainsi et pour la première fois de l’histoire du pays, l’administration autrement dit, le ministère de l’Intérieur n’aura plus à gérer l’opération électorale, ce qui de facto annihile toutes les craintes relevées (à juste titre d’ailleurs) par l’opposition et donne une crédibilité certaine à ces élections présidentielles.
Il faut dire que la situation du pays ne permet plus de continuer à tourner en rond, au risque de rendre toute sortie de crise impossible. La mobilisation populaire qui dure depuis plus de quatre mois a fini par arracher ici l’une de ses plus importantes revendications, après le départ de l’ancien régime et l’ouverture de tous les dossiers de corruption qui a vu les plus hauts responsables d’hier répondre de leurs actes face aux juges.
Le moment cette fois est historique et il est plus qu’impératif d’engager ce dialogue et de voir les choses avec lucidité et responsabilité et ne plus suivre certaines voix qui se plaisent dans cette situation de crise et pensent qu’à la longue et avec le pourrissement pouvoir arriver à vider le pays de toutes ses institutions constitutionnelles. Le prochain président de la République ne sera peut être pas l’émanation de tous les Algériens mais il sera celui de la majorité et à ce titre, et comme le veut le jeu démocratique , il aura toute la légitimité pour engager les reformes aussi bien politiques qu’économiques qu’il jugera nécessaire pour jeter les fondements d’une société plus juste et surtout concrétiser cet Etat de droit pour lequel des millions d’Algériens sont sortis dans la rue.