vendredi , 6 décembre 2019

Logement et vieux bâti la fausse gestion de l’équation…

Une femme et son mari ont été tués hier dans l’effondrement de la vieille bâtisse qu’ils occupaient à la rue Debka Sadek à Oran. La protection civile a réussi à sauver leurs trois enfants qui étaient coincés dans les décombres. L’information diffusée à la radio, a vite fait le tour de la cité, alimentant évidement le débat sur le dossier du vieux bâti, mais aussi les polémiques et la colère de ceux qui ne comprennent toujours pas pourquoi le discours des responsables chargés de ces grandes affaires locales est toujours en décalage avec la réalité d’un terrain gangrené par l’étalage des tâtonnements, des replâtrages et du culte des illusions. En début de soirée, au café oranais des lamentations, les «mauvaises langues» attitrées ne se sont pas privé de passer en revue le douloureux parcours de ce dossier du «vieux bâti», qui, à Oran plus qu’ailleurs, ne cesse d’augmenter la liste des victimes des effondrements.
Et de compliquer chaque année davantage la problématique de gestion et d’éradication des bâtisses à haut risque d’effondrement. Selon des sources proches de cette nouvelle affaire d’effondrement, la bâtisse en question a été déjà évacuée, pour une seconde fois, en 2008 après un effondrement partiel de la toiture, sans faire de victimes fort heureusement. Mais en même temps, selon les propos du Wali de l’époque, les «occupants» n’avaient pas le droit d’être là car le site en question allait être inscrit au registre des opérations de «réhabilitation».
De nouveau squattée par des familles démunies en quête de toit décent, la battisse a en effet subi quelques travaux de réfection et de futiles «réparations», présentés à l’époque comme une véritable opération de consolidation et de réhabilitation. En réalité, même située en plein milieu d’un quartier et d’une belle zone d’habitat urbain, la vieille battisse en ruine aurait du être entièrement démolie, au même titre qu’un bidonville constitué par des constructions sauvages et précaires.
Mais qui, à l’époque, et encore aujourd’hui, pouvait maitriser l’ampleur de ce fléau et mettre en œuvre une véritable stratégie de gestion du vieux bâti oranais… Là encore, à l’image de la distribution des logements sociaux qui ne reposait que sur les critères de la cooptation, du favoritisme et de la prédation généralisée, Oran paye le prix de la faillite d’un système responsable de tous les déficits et toutes les dérives cumulés à travers tous les secteurs. Vivement la rupture et le véritable changement.