dimanche , 15 décembre 2019

....:
L’onde de choc

Encore une fois la Tunisie est frappée par un acte terroriste qui complique encore plus le quotidien des Tunisiens. Le président tunisien a reconnu que son pays n’en n’avait pas terminé avec les terroristes. Et même si le pays a pu se relever des terribles attentats du Bardot et de Djerba, il n’empêche que la lutte contre ce fléau est loin d’être gagnée.
Il faut dire que les Tunisiens ont appris, depuis quelques années, à vivre avec cette nouvelle donne. Mais depuis un certain temps, les grandes villes étaient épargnées par les attentats et le pays avait renoué avec une certaine stabilité qui a permis le retour des touristes et la relance de ce secteur vital pour ce petit pays.
Mais voilà que l’attentat de l’avenue Bourguiba remet tout en cause. Surtout qu’il a eu lieu dans l’endroit le plus fréquenté et le plus sécurisé de toute la capitale Tunis, mais aussi de tout le pays. Un attentat qui a totalement échappé aux radars des services de sécurité puisque la kamikaze était totalement inconnue de ces services.
Et même si le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, affirme que l’attentat a échoué et que la plupart des blessures sont légères, il n’en demeure pas moins que les terroristes ont réussi à avoir l’impact psychologique qu’ils ont cherché à obtenir. Car, le terrorisme, au-delà, de sa macabre volonté à faire le plus de morts possible, il veut surtout terroriser les populations et créer un climat de psychose qui le sert à tous les coups.
Le gouvernement tunisien qui a pris des décisions courageuses et inédites dans le monde arabe, sait parfaitement que la lutte engagée contre les terroristes sera une longue lutte où toutes les forces vives du pays doivent se mobiliser pour atteindre cette quête du modernisme vers laquelle aspire ce petit pays maghrébin.
L’onde de choc de cet attentat n’est pas encore quantifiable aujourd’hui, mais les semaines à venir donneront un aperçu sur les retombées économiques et sociales d’un aussi grand coup médiatique.
Ceux qui l’ont programmé, planifié et exécuté, cherchaient, à l’évidence, à obtenir des objectifs précis. A savoir, semer le doute au sein des citoyens et affaiblir le gouvernement en place tout en portant un coup fatal au tourisme et donc à l’économie du pays. Les réactions prochaines des tour-opérateurs et des Tunisiens eux-mêmes nous édifieront sur les conséquences réelles d’un tel acte.

Par Abdelmadjid Blidi