dimanche , 24 septembre 2017

L’opportunisme des médiocres

Très souvent, des citoyens résidant dans une cité ou un quartier à travers la ville ou les communes de la wilaya, adressent au Wali d’Oran, et aux rédactions des journaux locaux, des lettres, pour dénoncer la dégradation de leur cadre de vie. Des doléances et des revendications, portées parfois par des comités de quartiers ou des associations de résidents, qui ne fonctionnent le plus souvent que sur le registre des contestations et des lamentations, publiées par la presse locale. Il est vrai, que le désordre urbain et le laxisme qui règne ici et là, à travers la cité oranaise, a depuis longtemps atteint le seuil de l’insupportable, aggravé de surcroît, par les promesses non respectées de gestionnaires défaillants aux commandes de certains secteurs urbains et de bon nombre d’APC. Mais ces messages, ces cris de détresse, à l’adresse du premier responsable local, ont depuis longtemps pris les allures d’une banale rengaine, devenue presque inutile, tant le fléau semble se généraliser. En début de semaine, notre confrère à Ouest Tribune rappelait, à juste titre, l’état des lieux de la Cité des HLM Gambetta et son prolongement vers la cité des 1245 logts USTO. Un site en perpétuelle dégradation, malgré les efforts d’aménagement par les pouvoirs publics, d’espaces de loisirs et de détente, d’un stade de proximité, d’espaces verts et de mobilier urbain. Des opérations bien insuffisantes, qui sont loin de satisfaire les besoins de cette population en constante croissance. Menés avec une nonchalance et une médiocrité inqualifiable, certains travaux d’aménagement n’ont jamais été achevés dans les règles. Les arbres d’alignement par exemple, n’ont jamais été plantés, laissant des trous béants, prévus sur le revêtement des trottoirs plein de sachets en plastique et de détritus. Un semblant de boulodrome a été installé sur un terrain initialement réservé, à l’extension de la Mosquée du quartier HLM. Tous les espaces mitoyens au marché couvert, rénovés, mais abandonnés par les commerçants, demeurent occupés par les vendeurs de fruits et légumes, les poissonniers ambulants et autres marchands illicites, proposant des produits alimentaires sans aucune norme d’hygiène élémentaire. Le pain, le lait, les œufs, les olives, les boissons… tout ici est exposé à même le sol… Et cela, à quelques dizaines de mètres du regard des policiers en faction, à la sûreté urbaine du quartier. Et ceux, plutôt nombreux, qui s’évertuent à dénoncer les tas d’ordures abandonnées par les marchands, les bacs à ordures éventrés, juste à côté de l’école primaire, la saleté envahissante, au milieu des immeubles de tout le quartier, ne semblent pas se rendre compte de leur grande responsabilité collective, certes forgée par le lourd déficit de participation et d’implication citoyenne dans la vie de leur cité. Il ne suffit pas d’adresser une lettre au Wali pour prétendre militer au service de la collectivité… En réalité, tout reste à faire en matière de culture de citoyenneté et de participation responsable, aux affaires de la Cité. Il se trouve, que le chantier de la démocratie de proximité accuse, lui aussi, un retard trop difficile à combler. Et comme la nature a horreur du vide, c’est fatalement l’opportunisme des médiocres qui envahit le terrain, livré aux jérémiades et…à la prédation.

Par S.Benali