mardi , 26 mars 2019

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L’or noir et la menace permanente

Le malheur des uns fait le bonheur des autres dit-on. Ce dicton trouve une application dans la dégringolade des prix du pétrole sur le marché international. C’est ainsi que le malheur des pays producteurs qui devront revoir leur rythme des dépenses, fait le bonheur des pays consommateurs, tout contents d’offrir à leur société une petite lucarne d’espoir, même si celui-ci reste hypothétique. Et pour cause, tous les économistes savent que ce n’est pas la baisse du prix du brut qui participe à booster l’économie mondiale, mais plus tôt le contraire. C’est le dynamisme des principales poches de croissance qui provoque la hausse de l’or noir sur les places boursières internationales.
N’y a-t-il donc pas d’heureux dans ce qui arrive au pétrole ? Forcément oui, puisque une telle perspective sur les hydrocarbures implique systématiquement un problème financier dans les grands pays producteurs. Et qui dit souci financier, dit désinvestissement, conduisant à une montée du chômage et une fragilité sociale qui ne trouvera un débouché que sur une violence urbaine, laquelle conduit à d’importantes perturbations d’ordre politique.
Ce sont donc ceux qui gagneraient à un chamboulement politique dans les pays producteurs de pétrole qui ne manqueront pas d’être heureux à chaque dollar de moins dans le prix du baril. Dans le lot de pays qui pourrait souffrir d’une déprime du marché, il y a, bien sûr, l’Iran, la Russie et le Venezuela, trois Nations qui ont connu de terribles tentatives de déstabilisation par l’Occident. Leurs poids financiers, qu’ils tiennent en partie du pétrole, a permis à ces pays de déjouer les plans d’«invasion» préconisés par une Amérique de plus en plus arrogante qui brandit comme un glaive son pétrole de schiste.
L’Algérie n’est pas exclue de cette logique prédatrice de certains pays du nord. C’est l’argent du pétrole qui a, là aussi, donné les moyens à l’Algérie de surmonter la crise. Les réserves de changes et le Fonds de régulation des recettes ont été remplis par les exportations d’hydrocarbures.
Le risque d’un autre remodelage de la géographie politique mondiale n’est pas à écarter. Peu d’experts misent, en effet, sur une remontée substantielle des prix de l’or noir et donc à un retour à l’équilibre d’avant la baisse des cours. Les Occidentaux ne laisseront pas passer une aussi inestimable chance, les pays «récalcitrants» ayant la garde baissée. C’est dire que nous ne sommes pas sortis de l’auberge et que la nouvelle «guerre froide» connaîtra d’autres épisodes. Les «révolutions» arabes ne sont que la partie apparente d’un Iceberg qui fonce sur tous les pays qui veulent sauvegarder leurs indépendances.