jeudi , 23 janvier 2020

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L’UE ne pense qu’à ses intérêts

Frederica Magherini a foulé, hier, le sol algérien avec l’intention, dit-elle, de renforcer la coopération entre l’Union européenne et l’Algérie. Il a été question prioritairement de sécurité et de migration. En filigrane, ses vis à vis algériens ont certainement avancé quelques sujets d’ordre économique. Ils ont tenté de classer les préoccupations du pays aux rangs des priorités. Mais, comme leurs compatriotes, les hauts fonctionnaires algériens ne sont pas dupes. Ils savent que les décideurs économiques et politiques occidentaux qui vont et viennent entre Alger, Londres, Paris, Madrid… sont surtout intéressés par ce qui reste des réserves de changes, histoire d’en siphonner un maximum, après s’être assurés de la coopération de l’Algérie sur le plan sécuritaire.
Depuis quelques années, sous des dehors de gens bien élevés, les officiels algériens et européens, discutent derrière les portes fermées des salles de réunion. Et pour cause, l’Europe affiche son mécontentement de ce qu’a fait l’Algérie de l’Accord d’association. L’Algérie n’est pas en reste et accuse son partenaire d’avoir privilégié le commerce à l’investissement productif.
C’est dire que les négociations ne seront pas de tout repos. Il ne faut pas croire que les Européens se laisseront faire. Ils vont même trouver le moyen de convaincre leurs partenaires algériens que la meilleure attitude à prendre, serait de renoncer aux mesures restrictives sur le commerce extérieur, contre des promesses foireuses d’investissement massif. L’argument pourrait être le suivant: l’Algérie devait passer après l’Europe de l’est, profondeur stratégique et naturel de l’Europe. Maintenant que l’Est est stabilisé, l’UE s’occupera de l’Algérie. Et comment ?
Il ne faut pas attendre la réponse à cette question lors du séjour algérois de Mme Mogherini. D’ailleurs, à aucun moment, les Européens ont eu une attitude franchement positive en direction de l’Algérie. Le propos est certes, poli et bienveillant, mais l’action ne suit généralement pas. De fait, on se demande bien ce que va nous sortir la haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères pour maintenir une relation, jusque-là, à l’avantage de l’économie européenne.

Par Smaïl Daoudi