lundi , 22 juillet 2019

L’urbanisme au rabais

Il y a quelques jours, sur les colonnes de Ouest Tribune, un confrère faisait pertinemment remarquer, que l’infrastructure « qui a été dans un premier temps pompeusement appelée « Palais des Congrès », pour devenir en 2007 un simple « Palais de la Culture », n’est pas encore prête a être livrée au public. Ce chantier, lancé il y a bien plus d’une décennie, n’a pourtant rien d’un édifice grandiose, nécessitant un quelconque exploit technique ou architectural. Après l’achèvement des travaux de gros œuvre la carcasse avec ses 3 étages et 2 niveaux en sous-sol, a été abandonnée durant plusieurs années et maintes fois dénoncée par les riverains, pour les risques évidents, liés à l’état de délabrement des lieux, souvent squattés par des délinquants et des vagabonds en tout genre. Le chantier annoncé en grande fanfare, a été mis à l’arrêt pour d’obscures raisons financières, alors qu’à l’époque, ce n’était pas l’argent du pétrole qui manquait. Les Oranais se souviennent, que c’est après le lancement des travaux du Centre international des conventions, initié par la Sonatrach et aujourd’hui en pleine activité, que le vieux projet abusivement nommé «Palais des congrès» allait tomber aux oubliettes, comme s’il n’avait plus de raison d’être, face à la stature de la structure réalisée pour l’accueil de la conférence mondiale sur le GNL. Pourtant, quelques dizaines de milliards ont bel et bien été dépensés pour cette carcasse de béton, qui narguait le paysage dans cette zone d’extension à la sortie Est de la ville. Avant la reprise des travaux, il y a trois ans, la carcasse en béton était entourée par un semblant de clôture grillagée, mille et une fois rapiécée, permettant au site abandonné, de servir d’aire de jeux à hauts risques aux enfants des cités voisines. La nuit, la traversée du chantier était vivement déconseillée aux honnêtes citoyens. On se souvient, entre autres faits divers dramatiques, du corps sans vie de cet homme de 35 ans, retrouvé dans le sous-sol inondé, après avoir tenté d’échapper à une bande de malfaiteurs en embuscade, guettant une « proie » facile à détrousser. Plusieurs personnes avaient d’ailleurs déjà perdu la vie, en tombant dans les sous-sols inondés par les eaux pluviales, mais surtout les eaux usées. Car, le réseau d’assainissement du quartier de Haï Es-Sabah, était au départ complètement inadapté et sous dimensionné, déversant toutes ses eaux usées dans le sous-sol de l’édifice abandonné. Fatalement, les critiques et les questionnements légitimes sur ce projet et sur l’état des lieux du cadre urbain, ne pouvaient à l’époque, que pointer du doigt la « Houkouma », pour son délaissement et son renoncement, perçus comme une sorte de mépris. « Non seulement ils gaspillent des milliards, mais en plus ils mettent nos vies et celles de nos enfants en danger… ». Certes, le projet revu et corrigé dans son appellation et ses missions a été repris en main. Les gros œuvres ont été achevés, mais les travaux des corps d’état secondaires de la finition des plafonds, en passant par la plomberie et l’électricité, traînent toujours en longueur…D’anciens habitants des cités voisines, tiennent à rappeler, que sur ce terrain, « bien avant ce satané projet de carcasse, on avait demandé aux autorités, l’aménagement d’une aire de jeux et d’un stade de proximité…Ils avaient à l’époque, promis de le faire, mais c’était juste avant les élections de la Mairie…Les frustrations cumulées ne cessent d’être nourries par cet urbanisme au rabais.

Par S.Benali