vendredi , 6 décembre 2019

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L’urgence est ailleurs

La ministre de l’Education innove. Ainsi, Mme Nouria Benghebrit, a envoyé une circulaire à toutes les directions de wilaya, leur ordonnant de dispenser des cours d’appui aux élèves en difficultés les mardis après-midi et les samedis. Une aide qui vient s’ajouter aux traditionnels cours de soutien déjà en vigueur depuis des années déjà.
La ministre a tenté d’expliquer sa nouvelle ordonnance en indiquant qu’il «s’agit de séances qui devront permettre de traiter ces difficultés d’une manière différente des cours de soutien». Elle justifie pédagogiquement cette nouvelle approche en estimant que «l’enseignant devra programmer les cours d’appui en fonction des difficultés rencontrées avec les élèves, notamment dans les matières de la langue arabe et les mathématiques, afin de résoudre le problème des retards scolaires».
L’initiative peut être louable sauf qu’elle paraît en total décalage avec les problèmes de l’école algérienne, surtout que le ministère a pris une telle décision sans aucune consultation préalable, ni avec les enseignants à travers leurs représentations syndicales, ni avec les parents d’élèves à travers les associations des parents. Pour les observateurs, cette précipitation est inexplicable et surtout elle vient en plein milieu de l’année scolaire, ce qui dénote d’un flagrant manque de sérieux pour parer à un problème qui mérite un peu plus de réflexion et ne peut se faire sur un quelconque ordre vertical.
L’instruction paraît en total décalage quand on sait que le premier problème dont souffre l’école algérienne, est surtout et avant tout un problème de surcharge du programme mais aussi d’emploi du temps. Les 5 jours de cours sont déjà un grand calvaire pour les petits enfants qui ont besoin de respirer et ont surtout besoin d’allégement de programme et de ces dizaines de kilos qu’ils trimballent toute la semaine sur leur dos. Les enseignants comme les parents ne comprennent pas une telle décision et ne semblent pas prêts à s’y soumettre. On ne décide pas d’un coup de baguette magique de métamorphoser le niveau des élèves en les privant des quelques heures de repos qu’ils ont.
C’est à un effet totalement contraire que l’on doit s’attendre. L’école n’avait pas besoin de cette nouvelle tension qui risque de perturber l’année scolaire et pousser les syndicats vers d’autres grèves et débrayages que l’on croyait derrière nous, surtout que cette fois ils auront le soutien certain des parents d’élèves qui ne comprennent pas cette décision précipitée et en plein milieu de l’année, alors que le sujet mérite maturation et surtout consultation.

Par Abdelmadjid Blidi