lundi , 21 janvier 2019

«Madinati» une Revue en quête d’identité

Samedi dernier, à l’IDRH de Canastel, une très inintéressante rencontre a été organisée par les initiateurs du projet de publication d’une nouvelle revue ou magazine dénommé «Madinati». Dédiée en premier lieu à l’architecture et l’urbanisme, cette publication a été judicieusement soumise aux critiques et observations des invités, des universitaires, des architectes enseignants, des membres d’association actives dans leur domaine social ou scientifique et des cadres gestionnaires de secteur liés à l’habitat et à la construction. Il faut dire, pour une fois, que cette rencontre s’écartait visiblement des «agitations» récurrentes organisées par les officiels au chevet de l’urbanisme à Oran. Mais, on note cependant que sur la longue liste des responsables locaux invités, seuls le Maire et le Consul de France à Oran, étaient présents, modestement et anonymement installés au milieu de la salle parmi les nombreux présents. Au détour du débat sur la nature, le contenu et les objectifs de la revue Madinati, dont le numéro zéro a été distribué aux participants, beaucoup de suggestions et de questions furent posées, liées pour la plupart au «déficit d’analyse et d’expression» concernant l’état des lieux de la vie urbaine et sociale dans la Capitale oranaise. Ce fut donc pour certains l’occasion d’exposer différents «points noirs», lacunes et inepties générées par l’absence totale de clairvoyance et de vision en matière dé gestion de la croissance urbaine. En invitant des intellectuels et des membres crédibles de la société civile oranaise à venir donner leur avis sur le projet de revue, les initiateurs ne s’attendaient sans doute pas à cette demande d’ouverture du support d’information à l’expression citoyenne sur tous les problèmes concernant la collectivité. A ceux, parmi les architectes, qui voulaient faire de cette publication une «simple» revue spécialisée abordant des thèmes liés à l’architecture et la construction. Beaucoup ont suggéré aux initiateurs de placer la publication sous l’angle du «magazine de la ville», permettant d’englober tous les sujets. Il est vrai qu’en matière d’urbanisme, d’organisation et de fonctionnement du tissu urbain et de fonctionnement de la Cité dans tous les domaines, ce n’est guère les sujets qui manquent. Surtout les sujets qui fâchent et qui nourrissent à ce jour certaines colères et contestations. Le dossier gelé de la «modernisation», le futur grand pôle urbain, la réhabilitation de Sidi El Houari, de la Calére et des vieux quartiers, l’architecture des nouveaux projets, l’occupation des territoires, sont autant de sujets qui interpellent les décideurs et les citoyens qui sont les premiers concernés. «Madinati», un nom plutôt charmant pour une revue dédiée à la ville, mériterait à cet égard beaucoup d’efforts, de mobilisation et surtout de rigueur et de professionnalisme dans l’approche et la concrétisation du projet. Surtout s’il s’agit d’un projet de publication englobant tous les aspects; scientifique, culturel et social, qui forgent la vie d’une Cité et d’une collectivité… Ce qui reste hélas peu probable, eut égard aux incertitudes exprimées par les initiateurs du projet plutôt axés sur l’édition d’une revue spécialisée consacrée à leur seul domaine d’activité. On sait que de grands opérateurs dans le bâtiment et la construction, tel que le groupe Sahraoui, éditent des revues scientifiques très bien élaborées. Ils le font avec leur propres moyens et compétences, sans trop se soucier de l’environnement institutionnel et social qu’ils n’ont pas à inviter.

Par S.Benali