mardi , 20 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Entendu plusieurs heures par la justice</span>:<br><span style='color:red;'>Mahieddine Tahkout placé en détention provisoire</span>

Entendu plusieurs heures par la justice:
Mahieddine Tahkout placé en détention provisoire

Les connexions qu’entretient Tahkout avec les sphères du pouvoir, ont conduit les juges à remonter jusqu’à l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a été entendu dans le cadre de ce dossier. Plusieurs ministres ont également été auditionnés.

Présenté, avant-hier soir devant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger, l’homme d’affaires Maheiddine Tahkout, a été placé hier tôt dans la matinée, sous le régime de la détention provisoire. Des membres de la famille du prévenu ont fait l’objet du même traitement judiciaire. Tous sont suspectés d’être impliqués dans plusieurs affaires liées à l’obtention d’indus privilèges, rapporte une source proche du dossier et des sites d’informations. Ces arrestations, du reste attendues par l’opinion nationale, compte tenu de la lourdeur des charges retenues contre l’homme d’affaires, propriétaire d’entreprises de transports et d’assemblage de véhicules. Il y a lieu de souligner que parmi les griefs retenus contre Tahkout, un véritable réseau tissé au sein même de certaines administrations. L’audition de cadres de l’Office national des œuvres universitaires (Onou) et ceux du ministère des Transports dans l’affaire liée aux œuvres universitaires, traduit l’importance de l’enquête diligentée par les autorités judiciaires. Cela, pour les affaires liées à son activité dans le transport universitaire, ainsi que l’affrètement par l’ETUSA de bus lui appartenant. La mise en détention provisoire de hauts responsables de l’ETUSA et l’ONU, illustre l’importance de cette affaire.
L’autre volet, tout aussi volumineux du dossier Tahkout, est en rapport avec ses activités dans l’assemblage automobile. Là aussi, des cadres du ministère de l’Industrie et de l’Agence nationale de développement de l’Investissement (ANDI), auditionnés et pour partie, mis sous le régime de la détention provisoire, mettent en exergue, à leurs corps défendant, la complexité d’un autre réseau amenant des privilèges indus, autour des activités industrielles de l’homme d’affaires, à travers sa société CIMA MOTORS.
Les connexions qu’entretient Tahkout avec les sphères du pouvoir, ont conduit les juges à remonter jusqu’à l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia qui a été entendu dans le cadre de ce dossier. Plusieurs ministres ont également été auditionnés par le juge d’instruction, histoire de préciser les responsabilités des uns et des autres. Pour le volet algérois des affaires de Tahkout, le juge d’instruction a entendu l’ex-Wali d’Alger Abdelkader Zoukh. Tous les responsables politiques sont sortis libres du tribunal, sans que l’on sache le motif de leur convocation. Il convient de rappeler, que Ahmed Ouyahia et Abdelkader Zoukh avaient précédemment comparu, avec plusieurs autres responsables, à la mi-mai dernier, devant le procureur de la République, dans le cadre de la poursuite des enquêtes concernant l’affaire de l’homme d’affaires Ali Haddad.
Depuis plus de deux mois, la justice a convoqué de nombreux responsables dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de corruption. C’est dire que la machine judiciaire est loin d’avoir vraiment atteint la vitesse de croisière. D’autres dossiers seront ouverts et les rumeurs publiques évoquent déjà la prochaine activation d’affaires concernant directement des ministres. La cour suprême, compétente pour juger les hauts responsables, a déjà été saisie et les auditions de ministres se feront bientôt.
Yahia Bourit