dimanche , 15 décembre 2019

Maintenance des écoles: L’échec organisé

Avec la chute des températures en ce tout début de saison hivernale, le dossier de l’entretien des écoles du chauffage des classes revient, comme chaque année, attiser les inquiétudes et parfois la colère des parents d’élèves et enseignants dans bon nombre d’établissements scolaires privés des conditions élémentaires permettant un bon déroulement de la scolarisation. «Je grelotte de froid dans ma classe ou des fenêtres cassées ne se ferment plus et ou le chauffage ne fonctionne pas…». Ce témoignage d’une écolière rapporté par notre confrère à Ouest Tribune, résume un peu l’état des lieux de certaines écoles primaires. «Je dois garder mon manteau durant les cours», témoigne cette autre élève en 4e année primaire, dans une école à Oran-Est. On sait pourtant qu’un vaste programme avait été lancé il y a moins d’un an visant à rénover ou installer le chauffage dans tous les établissements de la wilaya. Mais les carences et les insuffisances demeurent liées au grave déficit d’entretien et de maintenance des écoles primaires. Une mission qui relève on le sait, des prérogatives et de la responsabilité des APC. Ceci explique cela. Comment croire que des mairies, financièrement déstructurées, incapables de faire face à leurs propres dépenses de fonctionnement, incapables de gérer les dossiers prioritaires de la collecte des déchets et de l’hygiène public, puissent prendre en charge convenablement l’installation d’un chauffage, la réparation de l’étanchéité ou le remplacement d’une vitre de fenêtre dans une école primaire. Plusieurs directeurs d’écoles, comme les deux établissements situés au quartier HLM/USTO, ne cessent de réclamer depuis la rentrée, l’affectation d’une femme de ménage et d’un gardien pour assurer un minimum d’entretien et de sécurité. Dans cet établissement c’est l’association des parents d’élèves qui a pris les devants et organise des quêtes pour assurer le salaire de la femme de ménage «recrutée». Un peu partout, les parents d’élèves sont sollicités par les enseignants, pour ramener des boites de craies, des chemises et rames de papier et autres accessoires pédagogiques indisponibles dans leur école. Parfois même, ils cotisent pour l’achat d’appareils de chauffage électriques ou de chaises pour remplacer le mobilier cassé… Et face à cette désastreuse situation, les élus semblent inscrits au registre des absents, des «non-concernés» par le laxisme, le renoncement et au final…l’échec organisé.

Par S.Benali