dimanche , 21 juillet 2019

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Ne pas faire fausse route

Tout le monde s’y met et tout le monde donne son avis. Des spécialistes d’horizons divers et multidisciplinaires, ainsi que des élus, des politiques, des imams, des représentants des services de sécurité ont planché durant deux jours sur le phénomène de la « harga » qui prend des proportions inquiétantes et qui a obligé les pouvoirs publics à s’y pencher sérieusement cette fois.
On se rappelle, il y a quelques années, que la seule parade qui a été trouvée, c’était de criminaliser l’acte de la harga. Quelques années plus tard, force est de reconnaître que cela n’a pas dissuadé grand monde et que le phénomène a encore amplifié.
Dans ce genre de phénomène, la meilleure question à poser c’est « pourquoi ? ». Pourquoi autant de jeunes et de moins jeunes tentent, au péril de leur vie, de recourir à ces traversées de la mort, sans pour autant être sûrs que de l’autre coté, ils trouveront vraiment le paradis tant convoité. Pourquoi donc des jeunes gens, sans le sou, déboursent des fortunes, dans une traversée pleine de risque.
Avoir les réponses à cette question précise est le début de la solution. Car tout ce qui a été dit lors de cette rencontre coule de source, nous n’en doutons pas, mais vouloir à tout prix chercher le « comment » de mettre fin à ce phénomène, sans répondre au « pourquoi », ça revient à mettre la charrue avant les bœufs. Le vrai diagnostic doit se faire là, et ce n’est que par la suite que l’on peut enclencher les différents dispositifs pour freiner un temps soit peu ce phénomène.
Dans les diverses interventions et ateliers organisés lors de cette rencontre, beaucoup sont revenus sur les moyens d’améliorer les dispositifs d’emplois des jeunes (Ansej,
Cnac, Angem et Anem) qui, en dépit des progrès réalisés, souffrent de plusieurs insuffisances et n’arrivent pas à créer de l’emploi durable. Une vision qui tient la route, mais un diagnostic qui est bien loin de la réalité des choses. D’ailleurs, l’intervention d’un maire du côté de Chlef parait plus pertinente puisqu’il assure, que « parmi les jeunes harraga, il y a même des travailleurs qui ont une bonne situation matérielle et professionnelle», estimant que les problèmes socio-économiques ne sont pas toujours à l’origine de l’émigration clandestine.
Un autre a estimé quant à lui, que «la saleté de nos villes pousse les jeunes, fascinés par l’image qu’ils ont de l’Europe, à travers les médias et les réseaux sociaux, à rêver de l’Occident et d’un environnement meilleur ».
Et si justement la question, comme la réponse d’ailleurs, sont à creuser de ce côté là, plus que de la simple vue des problèmes socio-économique. Car dans toute cette histoire, il ne faut, surtout pas, faire fausse route

Par Abdelmadjid Blidi