jeudi , 12 décembre 2019

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Notre droit de Nation

«Laissez-nous vivre notre vie de Nation». La phrase n’est pas celle d’un citoyen marcheur de ce samedi suite à l’appel de l’UGTA. Ni une phrase entendue dans la longue couverture de l’Entv de ce même samedi de marche. Non, cette phrase est celle d’un ministre d’un grand pays occidental qui croit en la nécessité du droit d’ingérence, mais quand il s’applique aux autres. C’est une phrase de Jean-Yves Le Drian, ministre français des affaires étrangères prononcée au mois de septembre 2018 en direction du président américain Donald Trump, qui comme à son habitude n’a pas pu s’empêcher de tweeter et dire tout le mal qu’il pensait de la riposte des policiers français face au mouvement des Gilets jaunes. Et Le Drian de riposter : « Nous ne prenons pas partie dans les débats américains, laissez-nous vivre notre vie de Nation».
Une réponse légitime et qui a fait l’unanimité au sein de la classe politique française. Même les Français, toujours aux premières loges du fameux droit d’ingérence, ont encore et tiennent toujours à leur souveraineté. Une souveraineté que malheureusement il la refuse aux autres peuples et aux autres pays, au motif qu’ils ne sont pas démocrates. Un deux poids, deux mesures qui n’est plus n’étonne plus quand on voit tout ce qui se passe dans le monde. De la Palestine au Venezuela.
Les Algériens qui sont sortis en nombre ce samedi pour exprimer leur condamnation de l’ingérence qui se met en place au sein de l’Union Européenne savent de quoi ils parlent et connaissent très bien comment ces mêmes procédés ont été mis en place, doucement et sournoisement, dans d’autres pays arabes à l’image de l’Irak tout d’abord et ensuite en Syrie, au Yémen et tout prés de nous en Libye. Ce sont toujours les mêmes procédés et les mêmes slogans qui sont mis en avant jusqu’à arriver à l’objectif suprême, faire régner le chaos et détruire les Etats.
Car à côté du travail de sape qui est mené dans les parlements et les rencontres politiques, se joue aussi une grande campagne médiatique en France contre l’Algérie. Et le fer de lance de cette campagne est incarné par la chaîne française France 24. Une chaîne qui assume le fait qu’elle prône une approche française du monde, autrement dit qu’elle s’aligne sur les positions du ministère français des affaires étrangères. Une chaîne qui selon certaines sources a son calepin des invités qu’elle fait tourner sur ses plateaux quand il s’agit de parler de l’Algérie. Une chaîne qui détient aussi, selon ces mêmes sources, une liste noire d’analystes qui ont des avis contraires à la ligne de cette chaîne, qui assume presque son statut de chaîne colonialiste.
L’heure aujourd’hui est à la plus grande vigilance et le hirak doit se prémunir de ces déviations qui tentent de le faire sortir de son objectif qui est de bâtir une grande Nation libre et démocratique, forte de son union et de sa conviction d’une solution de l’intérieur de l’Algérie.

Par Abdelmadjid Blidi