mercredi , 24 juillet 2019
<span style='text-decoration: underline;'>L’ambassadeur d’Algérie à Washington sur les relations algéro-marocaines</span>:<br><span style='color:red;'>«Nous sommes prêts à travailler avec le Maroc»</span>
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L’ambassadeur d’Algérie à Washington sur les relations algéro-marocaines:
«Nous sommes prêts à travailler avec le Maroc»

Le diplomate a expliqué que le dossier sahraoui ne relevait pas de la compétence de l’Algérie, puisqu’il s’agit d’une question traitée au niveau de l’ONU. «Nous avons toujours appelé à séparer les deux questions» a-t-il insisté.

La cause sahraouie est l’une des constantes de la diplomatie algérienne. Il n’a jamais été question pour l’Algérie de s’ingérer dans ce dossier. En même temps, le soutien de principe à une cause de décolonisation est dans l’ADN de l’Algérie indépendante qui a arraché sa liberté après un long combat qui s’est soldé par un référendum d’autodétermination populaire. Les Algériens qui ont pris fait et cause pour l’ensemble des peuples africains en lutte pour leur liberté, ne fait pas exception de la question sahraouie. C’est là, en substance, la position exprimée par l’ambassadeur d’Algérie à Washington, Madjid Bouguerra, lors de son intervention à une rencontre organisée par le Think Tank washintonien, Center For The National Interest. Il reste que cette position de principe que l’Algérie partage avec près d’une centaine de Nations, membres de l’Onu, n’est objectivement pas un obstacle au développement des relations entre l’Algérie et le Maroc. Le diplomate algérien, dont l’allocution tournait initialement autour du rôle de l’Algérie dans la lutte antiterroriste régionale, répondait à la question d’un ancien diplomate américain qui lui a demandé lors du débat, si l’Algérie et le Maroc étaient en mesure de coopérer ensemble en dépit des décennies de divergences sur la question du Sahara Occidental. A cela, Madjid Bouguerra a mis en exergue la lecture immuable d’Alger. «Nous avons toujours dit que nous sommes prêts à travailler avec le Maroc pour améliorer nos relations bilatérales avec une seule condition: que nos frères marocains n’imposent pas de conditions», a affirmé le diplomate. Ne se contentant pas d’une réponse sibylline, l’ambassadeur d’Algérie à Washington n’a pas manqué de souligner que le Maroc a de tout formulé une demande à l’Algérie dans le sens du fléchissement de sa position sur le Sahara Occidental, sous prétexte que ce serait le seul moyen de faire avancer le partenariat entre Alger et Rabat. Le diplomate a expliqué que le dossier sahraoui ne relevait pas de la compétence de l’Algérie, puisqu’il s’agit d’une question traitée au niveau de l’ONU. «Nous avons toujours appelé à séparer les deux questions» a-t-il insisté. Le tort est du côté du Maroc, en ce sens, soutient Madjid Bouguerra, que les appels de l’Algérie à l’adresse du Maroc pour discuter directement des problèmes de la migration et du trafic de drogue, n’ont pas trouvé échos auprès de la partie marocaine.
Mais cet état de fait «n’affecte pas notre volonté politique d’œuvrer pour le développement de nos relations», a indiqué l’ambassadeur, rappelant, à titre indicatif que l’Algérie demeure le seul pays maghrébin à avoir signé et ratifié tous les accords de l’UMA. Déconstruisant le discours marocain sur l’inexistence d’une coopération sécuritaire, le diplomate algérien a révélé qu’une coordination entre les services chargés de la lutte antiterroriste des deux pays existait bel et bien. Plus que cela, il a mis en exergue l’étendue de la coopération sécuritaire avec la Tunisie et l’excellence des relations avec la Mauritanie.
Mais plus que l’aspect sécuritaire, Madjid Bouguerra a appris aux membres du Think Tank américain, que le Maroc est aussi le premier partenaire commercial de l’Algérie au Maghreb.
Selma Hassane