dimanche , 17 novembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Ahmed Gaïd Salah dans un discours prononcé hier</span>:<br><span style='color:red;'>«Nous soutenons la démarche du Chef de l’Etat»</span>
© Photo fournie par l'Armée

Ahmed Gaïd Salah dans un discours prononcé hier:
«Nous soutenons la démarche du Chef de l’Etat»

Le Commandement de l’Armée Nationale Populaire œuvre résolument à atteindre cet objectif «dans des conditions de sécurité et de stabilité, en dépit des embûches que sèment sur son chemin certains de ceux qui répugnent le bon déroulement de ce processus constitutionnel judicieux, à l’instar des slogans mensongers, aux intentions et objectifs démasqués comme réclamer un Etat civil et non militaire».

Le haut commandement de l’ANP admet ne pas prendre parti du dialogue nationale, censé déboucher sur une élection présidentielle dans des délais raisonnables. Le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah, l’a clairement exprimé, hier, dans un discours prononcé au Cercle National de l’Armée à Béni-Messous, à l’occasion de la cérémonie de remise du Prix de l’Armée Nationale Populaire pour la meilleure œuvre scientifique, culturelle et médiatique au titre de l’année 2019, dans sa huitième édition. Il a apporté un soutien sans nuance à la dernière allocution du président de l’Etat et assuré que c’est dans un contexte de dialogue global «que s’inscrit l’approche raisonnable et sensée contenue dans le dernier message du Chef de l’Etat, concernant l’effort à consentir afin de sortir le pays de sa crise actuelle.» le général de corps d’armée n’y va pas par 36 chemins et note : «Autant que nous encourageons et soutenons son contenu, nous considérons sa démarche comme une des étapes importantes à franchir sur la voie de la résolution appropriée de cette crise politique que traverse le pays.» au sein de l’état-major, «Nous considérons (…) que les prochaines élections présidentielles sont le premier fruit constitutionnel et légal de ces solutions». Le propos est net et sans fioriture. Le chef d’état-major va même plus loin en considérant également que ce scrutin renferme «ce qui nous permettra de poursuivre les avancées vers l’instauration des assises d’un Etat de droit où prévaudra le progrès économique, la prospérité sociale et la cohésion sociétale, et où règnera la sécurité et la stabilité».
Ahmed Gaïd Salah pour qui, la présidentielle est «la clé pour accéder à l’édification d’un Etat fort avec des fondements sains et solides», relèvera dans son discours que le Commandement de l’Armée Nationale Populaire œuvre résolument à atteindre cet objectif «dans des conditions de sécurité et de stabilité, en dépit des embûches que sèment sur son chemin certains de ceux qui répugnent le bon déroulement de ce processus constitutionnel judicieux, à l’instar des slogans mensongers, aux intentions et objectifs démasqués comme réclamer un Etat civil et non militaire». Pour le général de corps d’Armée, ces slogans et mots d’ordre «ont été dictés par des cercles hostiles à l’Algérie et à ses institutions constitutionnelles. Des cercles qui vouent une haine inavouée envers l’Armée Nationale Populaire, digne héritière de l’Armée de Libération Nationale, et envers son Commandement national», souligne le premier responsable de l’Institution militaire, relevant que l’état-major «a prouvé par la parole puis par les actes qu’il demeure au service de la ligne de conduite nationale du peuple algérien et qu’il nourrit un dévouement inébranlable au serment qu’il a fait devant Allah, le peuple et l’histoire.»
Et Ahmed Gaïd Salah de souligner, plus loin dans son discours, à propos de la corruption et des corrupteurs qu’ «il est grandement temps d’avoir une vision rigoureuse fondée sur la protection de l’intérêt suprême de l’Algérie, quant à la prise de toutes les dispositions réglementaires envers les agissements de ces traîtres contre l’avenir du peuple et le destin de la patrie». Il ajoutera dans sa lancée : «Quiconque a l’audace d’attenter à l’Algérie, à l’avenir de son peuple et la pérennité de son Etat, ne pourra échapper à la sanction et la justice s’occupera de lui tôt ou tard. C’est là le dernier avertissement à l’égard de tous ceux qui marchandent avec l’avenir de la patrie et de son intérêt suprême».
«Tenir cet engagement sincère commence à effrayer les supplétifs et les inféodés de la bande, au point où ils ont commencé à mener des campagnes aux objectifs bien connus, pour remettre en cause toute action qu’entreprend l’institution militaire et son Commandement novembriste, ainsi que tout effort que consent chaque fils dévoué à cette patrie ».
Le vice-ministre de la Défense nationale a soutenu, à ce titre, que ces «supplétifs » et «inféodés de la bande ont adopté la voie des appels directs au rejet de toute action qui peut concourir à résoudre la crise, croyant qu’ils pourront échapper à l’emprise de la justice ».
«Toutefois, nous leur adressons une sérieuse mise en garde, que l’Algérie est plus chère et plus précieuse pour qu’elle soit, elle et son peuple, victimes de ces traîtres qui ont vendu leur âme et conscience et sont devenus des outils manipulables voire dangereux entre les mains de ces cercles hostiles à notre pays », a-t-il averti.
Cette mise en garde, a-t-il poursuivi, «nous est dictée par la quintessence même des prérogatives qui nous sont dévolues et ce que requiert la nature des nobles missions sensibles, que l’ANP a l’honneur d’en porter le fardeau ».
Pour Gaïd Salah, «ces missions vitales considèrent la sauvegarde de la souveraineté nationale et la préservation de l’intégrité territoriale et l’unité populaire de l’Algérie, ainsi que la pérennité de sa sécurité et sa stabilité, comme étant sa pierre angulaire, et l’ANP, digne héritière de l’Armée de Libération nationale est une forteresse aux fondements solides, fondée sur une base historique saine qui insuffle dans les cœurs qui accordent à l’histoire sa juste valeur tous les motifs de fierté et d’orgueil ».
«Aussi, chaque bonne parole qu’on dit à propos de l’ANP ne la rendra que plus glorieuse encore. Chaque offense tendancieuse et mensongère à son égard ne diminuera guère de sa valeur, mais démasquera son ou ses auteur(s) et dévoilera leur vraie nature à eux-mêmes, au peuple et à l’histoire, et Allah avant et après tout », a-t-il ajouté.
Abordant la question de l’emblème national, Ahmed Gaïd Salah répond sans nuance à «ceux-là qui considèrent le fait de porter atteinte à l’emblème national et manquer de respect au drapeau national, symbole des chouhada et source de fierté de toute la Nation algérienne». Il dira que «ceux-là mêmes qualifient ceux qui ont failli envers le peuple et la patrie de prisonniers politiques et de prisonniers de l’opinion.» Et de s’interroger : «Est-ce raisonnable ? Se croient-ils aussi intelligents au point de pouvoir duper le peuple algérien avec ces inepties et ces manigances ? Croient-ils que le peuple algérien permettra à quiconque d’insulter son emblème national ?». Il répondra à ces interrogations en affirmant que «ceux-là ne sont pas les enfants de ce peuple et ne savent guère sa vraie valeur, ni ses principes ou le degré de son attachement à son histoire nationale.»
Et comme pour résumer son allocution, le premier responsable de l’institution militaire soutient que «ce peuple qui a triomphé du colonialisme et vaincu le terrorisme, se trouve aujourd’hui face à un autre défi qui n’est pas moins périlleux que ses précédents, c’est la corruption sous toutes ses formes et il est certain que la démarche de l’Armée Nationale Populaire, dans ce sens, est un effort sans égal, basé sur l’éradication totale de tous les fiefs du colonialisme dans notre pays.»
Anissa Mesdouf