vendredi , 23 août 2019

La bande à Djamel Benmadi:
«Nous vous aimons tous!»

Hors norme jusqu’au bout, l’Equipe nationale de football fait sa révolution comme le peuple est en train de réussir la sienne, tambour battant. Le détail ne dépare pas la biographie de ces deux symboles qui forgent avec une réussite exceptionnelle, la nouvelle image internationale de l’Algérie. Les « Fennecs », comme le Peuple sont des artistes.
L’histoire, la prestance, le mental, la réussite sont désormais les motifs de fierté de l’équipe nationale et du peuple algérien. Leur influence se lit sur les pays et les sociétés aussi divers que ceux du continent américain, de l’Europe, des voisins maghrébins et de tout le continent africain. Nous sommes en train de vivre des temps parfumés grâce à la flagrance au thé vert de la bande à Djamel Belmadi et au Hirak porteur d’espoirs. Mais profitons aujourd’hui du bonheur dont nous enivre l’une des plus jolies sagas du football national. Quelle équipe, quelle solidarité, quel caractère et quel produit que ce bijou ciselé par l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, rappelé du Qatar pour recoller les débris occasionnés par Rabah Madjer. Quelle personnalité aussi que ce coach trempé, dans l’humilité et le pragmatisme dans lesquels ne se reconnaissait pas son fantaisiste prédécesseur. A l’origine de notre troisième qualification dans toute l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations, le patron des « Verts » retourne à ses vertus cardinales de modestie et de respect envers ses soldats en déclarant n’être ni politicien, ni faiseur de miracle, ni sorcier ». Et dans la foulée des folles convictions de rapatrier le trophée continental à Alger, le vendredi 19 juin prochain, Belmadi tempère les ardeurs en précisant à toute l’Algérie que «la seule chose que je peux vous promettre, c’est qu’on va se battre ».Impossible d’être plus différent de ses homologues qui ont goûté au gâteau de la sélection nationale. Djamel Belmadi ne pratique ni la langue de bois, ni la fausse modestie.
A défaut de recenser toutes les performances enchaînées dans ce voyage autour des trésors des Pharaons, l’enseignement majeur qui rallie l’unanimité dans les médias internationaux se rapporte à la culture tactique qui ressoude profondément le «onze nationale ». Belmadi a démaquillé l’ensemble qui porte nos espérances de victoire, le rendant plus compact et plus efficace. « Finie l’atmosphère polluée et l’absence de conviction du vestiaire, deux poisons pernicieux qui avaient touché la sélection du temps de ses trois derniers entraineurs que je trouve inutile de les nommer. Cette CAN version 2019 ne nous sourit pas seulement parce qu’elle révèle des talents, éradique les tâtonnements et l’approximatif, diffuse de l’émotion et, surtout produit du jeu. Le meilleur de la compétition, et ce n’est pas moi qui l’affirme. Comparativement à ses devancières, cette sélection évoque un train de dernière génération. Je ne tournerai pas sept fois ma langue dans ma bouche pour dire que la première mi-temps de la demi-finale Algérie-Nigéria se classe comme deuxième prouesse dans le bréviaire des plus belles prestations des « Fennecs », après le match Allemagne – Algérie de la coupe du monde 1982. Ce groupe de grenadiers voltigeurs de classe mondiale en opération sur les bords du Nil devrait cependant solutionner ses curieuses baisses de régime dans toutes les secondes mi-temps de ce tournoi, matérialisées par de vieux réflexes de repli, comme d’incessants et bizarres déchets dans les transmissions de balles. Ce flottement a diminué les capacités de jeu des poulains de Belmadi à chaque retour des pauses-citrons. Et d’ailleurs, cette tendance a failli nous coûter cher lors de l’historique duel de dimanche dernier.
Sinon, cette sélection rafraichie par Djamel Belmadi suscite respect et considération de toute la planète foot. Ce n’est pas par hasard qu’elle s’est débarrassée du Sénégal lors du premier tour, de la Guinée sur un score cinglant en huitième de finale, de la Côte d’ivoire en quart et du Nigéria avant l’ultime ligne droite. Et les profanes mesureront cette performance à sa juste valeur lorsqu’ils sauront que les Eléphants d’Abidjan et de Bouaké ont cumulé 23 phases finales et 7 passages dans le dernier carré sur 32 éditions avec un ratio cependant faible de deux victoires. Dans la foulée, nous avons évincé un Nigéria qui trône aussi sur le toit de la CAN, certes avec seulement 18 participations en phase finale mais trois trophées pour garnir son escarcelle. Quant au Sénégal qui n’affiche dans son parcours que quinze présences dans l’ultime tournoi pour le sacre, il en découdra avec nos capés ce vendredi à 20h, en quête d’un deuxième sacre…..tout comme l’Algérie qui a brillé de mille feux lors de sa 18 ème phase finale sur les bords du Nil. Comme quoi, s’il existe une proportion de baraka dans ces joutes, il faut savoir s’en servir pour se hisser sur la plus haute marche du podium et brandir un second trophée continental. Djamel Belmadi a sûrement établi une stratégie exemplaire du « modus-opérandi pour traquer les Lions de la Terranga. Ce technicien là, rien ne le fascine plus que le travail, et les progrès. Le jeu brillant étalé sur le terrain ainsi que les résultats le prouvent. La qualité, la solidarité, le style et bien sûr l’application dans la durée sont les mots clés de notre nouvelle entité footballistique qui paradera demain soir dans la cité de Neguib Mahfoud.
Il reste à nos «Fennecs » une dernière réussite à accomplir : jouer avec l’esprit de gladiateurs. Pour notre prestige, pour l’image de marque de notre société civile, pour vous, la bande à Djamel Belmadi. Toute l’Algérie vous attend demain soir. Parce que nous vous aimons tous.
Par Fayçal Haffaf