jeudi , 2 avril 2020

Oran face au risque majeur…

« Les fléaux, en effet, sont une chose commune, mais on croit difficilement aux fléaux lorsqu’ils vous tombent sur la tête ». Cette phrase d’Albert Camus, tirée de son roman «La peste», semble bien convenir à l’état des lieux actuel gravement marqué par la propagation du coronavirus. Beaucoup aujourd’hui, à Oran comme ailleurs, admettent encore difficilement que le coronavirus est bien là, entre nos murs, prêt à toucher n’importe qui, n’importe où, et n’importe quand. Un peu comme le mal allégorique du récit-fiction de camus qui symbolisait autant le nazisme, la guerre et les misères de la condition humaine. Dans son roman, Camus décrivait le confinement de la ville d’Oran face à la peste mortifère et mettait en scène, à travers divers personnages, les réactions de chacun face au fléau menaçant de la peste. Et même si la conjoncture et les paramètres sociaux ne sont évidement plus les mêmes, on se rend compte aujourd’hui à quel point, le fléau d’une épidémie mortelle, peut transformer les pratiques sociales et révéler la véritable nature des individus en temps de crise. En Chine, pays classé au registre des présumées dictatures, piétinerait, soulignent certains, les notions de liberté individuelles et collectives, la courbe croissante des victimes du COVID19 a été inversée après de sérieuses mesures de lutte contre l’épidémie, imposées et mises en place dans un climat de rigueur et de discipline exemplaire. En Europe, en Italie et surtout en France, la moindre mesure annoncée, la moindre décision prise par l’Etat et les experts fait aussitôt l’objet de débats byzantins et de polémiques inutiles, ne servant souvent à certains acteurs qu’à étaler leur savoir sur les plateaux de télévision. Sous le ciel oranais, les consignes et les mesures arrêtées par les gouvernants sont ici et là ignorées, voire même rejetées par certains énergumènes qui se complaisent dans le déni et l’incivisme méprisant envers leur concitoyens. Hier, au quartier des HLM/USTO, dans les cités d’habitation, entre le rond-point des trois cliniques et le rond point des HLM, l’activité urbaine n’avait pas changé d’un iota. La foule des acheteurs autour des étals des marchands illicites occupants les trottoirs, les jeunes assis par petits groupes au pied de leur immeubles, et bien d’autres images attestent du manque de vigilance et de prévention élémentaire face au risque majeur annoncé.
Par S.Benali