dimanche , 24 mars 2019

Où va l’argent des subventions aux grands clubs de football ?

La chronique de notre confrère Fayçal, publiée jeudi dernier, sur le «parrainage vacillant» du club MCO par la Hyproc, a été lue et accueillie avec satisfaction, suscitant parmi les «mauvaises langues locales» attablées autour de leur café matinal, une sorte de grand soulagement en constatant, enfin, que l’opinion oranaise n’est pas tenue à l’écart de certains constats et de certaines vérités enfouies dans les tabous de ce «dossier», toujours géré avec des pincettes par les pouvoirs publics. Dans toutes les démocraties qui se respectent, même si sa dimension et son impact politique et social, ne sont pas écartés, le Football professionnel est géré et organisé dans la rigueur et la transparence, conformément aux règles du marché, et en total respect des lois et procédures encadrant les sociétés.
Il se trouve, comme l’a si bien décrit notre confrère, que le club professionnel du Mouloudia d’Oran, est peut-être le plus bel exemple illustrant les paradoxes, les incohérences, les dérives, et au final l’échec cuisant de cette politique d’organisation et de gestion des clubs de football convertis au professionnalisme. Notre confrère a rappelé, qu’après son ultime titre de champion en 1996, le MCO a sombré dans la déshérence, se limitant à assurer parmi les ténors, tout en générant cependant de l’argent pour les présidents successifs à la tête du club. Et ce qui semble bien étrange, pour ne pas dire scandaleux et choquant, est le fait que depuis plus de dix huit ans, Le MCO reste continuellement en quête d’argent… malgré la contribution des sponsors et les grosses subventions annuelles accordées par les pouvoirs publics.
Ce qui suscite, d’ailleurs, une forte colère chez l’une des «mauvaises langues», un universitaire retraité et membre de la Société de géographique, indigné de voir cette célèbre et ancienne institution oubliée et marginalisée par les responsables locaux, bien plus préoccupés par l’avenir des clubs de football en perpétuelle régression. «Si au moins, tout cet argent dépensé pour le MCO et l’ASMO avait permis de faire rayonner les équipes oranaises sur la scène nationale et africaine…». Et les commentateurs attitrés ont été surtout indignés d’apprendre, en lisant Ouest Tribune, que le partenariat initié avec Hyproc, grande filiale de Sonatrach, risque d’être bien pénalisé par l’héritage de gestion financière, ou plutôt de non-gestion, de la SSPA MCO qui n’a pas été en mesure de fournir la moindre pièce comptable relative à la gestion, depuis l’exercice 2014-2015.
Aucun rapport de commissaire au compte, aucun PV d’assemblée générale réglementaire, aucune visibilité et traçabilité des dépenses engagées n’ont pu être présentés aux dirigeants d’Hyproc Shipping Company, invités à s’engager dans l’achat de 67% des actions de la SSPA MCO. Et malgré cela, explique notre confrère, et afin de sauver le MCO d’une totale asphyxie, un chèque de 3 milliards de centimes a été avancé par Hyproc à la SSPA MCO. Un «coup de cœur» qui a ses raisons, mais que la Raison ignore…

Par S.Benali