jeudi , 23 janvier 2020
<span style='text-decoration: underline;'>Création d’une inspection générale et licences d’importation </span>:<br><span style='color:red;'>Ouyahia abroge les deux décrets de Tebboune</span>
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Création d’une inspection générale et licences d’importation :
Ouyahia abroge les deux décrets de Tebboune

Le décret portant modalités d’application des régimes de licence d’importation ou d’exportation des produits et marchandises, risquait à terme d’asphyxier toute la dynamique commerciale et installer le pays dans une logique de pénurie-inflation stérile.

Après un remaniement «ciblé» qui a concerné les ministres les plus impliqués dans la démarche de Abdelmadjid Tebboune, le nouveau Premier ministre est passé à la seconde étape du «redressement» de la situation laissé par son prédécesseur. L’acte de Ahmed Ouyahia, a consisté en l’abrogation de deux décrets qui avaient fait polémique lors de leur promulgation. Ainsi, la création d’une inspection générale auprès du Premier ministre n’est plus d’actualité au regard du décret d’abrogation, signé par le Premier ministre et publié hier sur le Journal officiel. Il faut dire que l’instauration de cette inspection générale avait alimenté beaucoup de suspicion et certains n’avaient pas hésité à la comparer de «bras armé» de l’ex-Premier ministre pour «faire le ménage» dans la sphère des affaires et de l’administration. Beaucoup d’observateurs se demandaient d’ailleurs ce qui avait motivé la décision de Abdelmadjid Tebboune d’envisager la création d’une telle instance, au moment où le pays est confronté à une dure crise financière. Faut-il rappeler que Ahmed Ouyahia avait déjà indirectement remis en cause cette inspection générale, en affirmant que l’Algérie était un pays de droit, avec des lois et il suffisait de les appliquer avec sérénité. Aujourd’hui, le Premier ministre passe à l’acte et supprime la «protubérance» administrative installée par son prédécesseur.
Cela, pour le premier décret. Pour le second décret abrogé par Ahmed Ouyahia, il s’agit de celui en rapport avec les modalités d’application des régimes de licences d’importation ou d’exportation des produits et marchandises. La décision de l’ancien Premier ministre, aujourd’hui caduque, avait jeté le trouble au niveau du Commerce extérieur du pays, jusqu’à pousser des pays partenaires à se poser des questions sur les motivations profondes de la démarche adoptée, en son temps par Abdelmadjid Tebboune. Il faut dire que le décret portant modalités d’application des régimes de licences d’importation ou d’exportation des produits et marchandises, risquait à terme d’asphyxier toute la dynamique commerciale et installer le pays dans une logique de pénurie-inflation stérile, d’autant qu’il a concerné des marchandises non produites en Algérie.
Pour l’histoire, «ces deux décrets ont été publiés ce dimanche au Journal officiel. Ainsi, le Premier ministre, en se basant sur la Constitution, notamment ses articles 99 et 143, a abrogé les dispositions du décret N°17-205 du 28 juin 2017 portant création d’une inspection générale auprès du Premier ministre et fixant ses missions et son organisation. Le Premier ministre a également abrogé le décret exécutif N°17-202 du 22 juin 2017 modifiant et complétant le décret N°15-306 du 6 décembre 2015 fixant les conditions et les modalités d’application des régimes de licences d’importation ou d’exportation de produits et marchandises», rapporte l’Aps dans l’objectif de souligner la régularité de la démarche du Premier ministre.
Avec cette double abrogation, c’est d’importantes décisions de Abdelmadjid Tebboune qui sont purement et simplement remises en cause. Mais leurs effets sur le terrain demeureront encore.

Alger: Smaïl Daoudi