samedi , 24 août 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Après son audition par le juge d'instruction de la Cour suprême </span>:<br><span style='color:red;'>Ouyahia placé sous mandat de dépôt</span>

Après son audition par le juge d'instruction de la Cour suprême :
Ouyahia placé sous mandat de dépôt

Avec la convocation de Ahmed Ouyahia et Abdelghani Zaalane, c’est le début d’un inédit feuilleton judiciaire, certainement le plus important et le plus long que l’Algérie ait connu depuis son indépendance.

Ce qui était dans l’air depuis plusieurs semaines, s’est matérialisé, hier, en début d’après-midi. Pour la première fois depuis l’indépendance du pays, un haut commis de l’Etat, doublé d’un responsable politique qui a exercé le pouvoir depuis plus de deux décennies, répond à la convocation d’un juge de la Cour suprême, sous le statut d’accusé, qui au bout de son audition, a été placé sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach. Ahmed Ouyahia, était arrivé hier aux alentours de 13h30, au siège de la Cour suprême, sise dans la commune d’El Biar, pour comparaître devant le juge d’instruction de l’instance judiciaire chargée d’instruire les affaires concernant les hauts responsables du pays. Vers 15h30, c’était au tour de l’ex-ministre des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaalane, de se présenter à la convocation du juge d’instruction.
La télévision nationale qui a donné l’information, comme pour éloigner toute interprétation tendancieuse sur la véracité de la convocation de l’ancien Premier ministre, n’a fourni aucun détail sur le fond du dossier. Cela dit, l’actualité judiciaire de ces derniers jours, met en évidence le nom de Ahmed Ouyahia, associé aux enquêtes ciblant les hommes d’affaires, Ali Haddad, les frères Kouninef et plus récemment, Mahieddine Tahkout. La probabilité que la comparution d’hier ait un rapport avec l’un des trois ou tous les dossiers est fort probable. Les chefs d’accusations concernant cette comparution, sont en rapport avec la facilitation pour l’obtention de privilèges, notamment.
Il y a lieu de noter, que Ahmed Ouyahia et Abdelghani Zaalane ne sont pas les seuls suspects dans ce que les autorités ont indirectement qualifié de grande opération de malversation. Plusieurs ministres, huit au moins et l’autre ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, sont également concernés. L’on s’attend également à voir l’ancien secrétaire général du FLN Djamel Ould Abbes et l’ancien ministre de l’Agriculture, comparaître devant la même cour suprême.
Avec la convocation de Ahmed Ouyahia et son ministre des Transports et des Travaux publics, c’est le début d’un inédit feuilleton judiciaire, certainement le plus important et le plus long que l’Algérie ait connu depuis son indépendance. Les conséquences de l’action judiciaire sur la gestion de l’Etat, seront très importantes. L’on ne pourra pas, dans l’état actuel des choses, présager de la direction qu’elle prendra, mais il est clair que l’administration algérienne passe par des moments historiques. Et pour cause, l’on ne sait pas encore jusqu’où iront les investigations de l’autorité judiciaire et l’on ne peut également pas deviner l’issue des procès qui seront, pour le moins, retentissants. Le pays vivra, dans les mois à venir, une situation exceptionnelle.
Cela est d’autant plus vrai, qu’hier en fin de journée, une information faisait déjà le tour des journalistes présents devant la cour suprême, annonçant une très probable mise en détention préventive de l’ancien Premier ministre et de l’ex-ministre des Transports et des Travaux publics. Cette information qui n’était toujours pas ni confirmée, ni infirmée au moment à la mi-journée, a été effective vers 16 heures du soir, et elle pèse ainsi très lourd dans la détermination de la justice d’aller jusqu’au bout des dossiers. Et pour cause, si Ahmed Ouyahia est aujourd’hui en prison, rien n’empêche de croire que plusieurs ministres subiront le même traitement.
Il est certes, trop tôt pour tirer la moindre conclusion, mais il convient de constater, qu’avec ce premier épisode du nouveau feuilleton judiciaire, les choses ne seront plus comme avant dans le pays.
Yahia Bourit