lundi , 21 octobre 2019

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Palestine… Quelle destinée pour El Qods ?

Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir. Cette vieille technique impérialiste des colons et des envahisseurs ne subsiste plus que dans l’esprit des israéliens et de leurs mentors, les USA. Sur le dossier de Gaza, d’El Qods et du plateau du Golan, ces deux complices sont les seuls acteurs politiques de la planète éternellement menteurs et faiseurs de rêves envers les palestiniens. Trois semaines après un nouveau round autour d’une soi disant proposition de paix, Tel Aviv entreprend de raser à mort des maisons palestiniennes séculaires, jetant froidement et sans préavis hommes femmes et enfants dans la nature.
 On ne compte plus le nombre d’accords fabriqués sur mesure pour anesthésier les palestiniens, les inhiber et les réduire à des populations sous tutelle : Camp David, Madrid, Oslo 1993, Charm Cheikh janvier 2001, la toute dernière et la plus hypocrite des conférences sur la paix, tenue en terre arabe, à Bahrein les 25 et 26 juin écoulés. Toutes ces rencontres concouraient à berner l’opinion internationale sur la problématique du dossier palestinien. Le locataire de la Maison Blanche et son gendre-conseiller Jared Kushner, acteurs maladroits de l’illusion et piètres magiciens de l’hypnose ont même évoqué la solution de deux Etats coexistant en paix sur les frontières actuelles. Un jeu fourbe, puisqu’en moins d’un mois, Netanyahu lance ses bulldozers à l’assaut des maisons, des biens personnels et des familles palestiniennes établies depuis 1937 à Al Qods,  dans son versant Sud-est. Après le «Deal du Siècle » raté de Manama, un de plus, la haine et le rejet du palestinien remontent à la surface.
Benjamin Netanyahu ne donne même pas d’explications rationnelles. Seul motif : la sécurité. C’est toute la panoplie des ressentiments et du fiel  qui suinte de cette opération de fragilisation de l’autorité palestinienne. Semer la peur, imposer le dictat, afficher la domination et la destruction de tout ce qui sent l’arabo-palestinien s’ajoutent désormais à la panoplie de nuisance chère au cabinet Benjamin Netanyahu. Sans gêne et délibérément au su et au vu des regards internationaux, des chefs d’Etats et des diplomaties, les destructions s’opèrent à l’explosif, au bulldozer et à l’ombre des dispositifs de sécurité impressionnants. Les palestiniens expulsés de leur terre disposaient pourtant de permis de construire dûment validés par l’administration coloniale, mais, insatiable, Netanyahu agit comme si ni l’Autorité Palestinienne qui gère cet espace, ni aucune Intifada et encore moins  l’ONU ne s’interposeront. Et si l’Union Européenne dont la France, l’Allemagne et l’Angleterre avaient interpellé Tel Aviv  le lundi 22 juillet dernier de « mettre un terme aux démolitions illégales », les exactions continuent à El Qods. Connaissant le respect qu’accorde le chef du gouvernement israélien à ses homologues du vieux continent, il a dû leur répondre par son habituel sourire de ponce Pilate.  Tranquillement.
Ce « crime contre l’humanité, le plus important depuis 1967» selon le premier ministre palestinien, Mohamed Chtiyeh n’empêchera évidemment pas Netanyahu de dormir. Même si la résidence de Wadi Houmous transformée en gravas et poussière dépendait de l’Autorité Palestinienne, une décision née à Oslo un 13 septembre 1993, date de la signature du premier accord entre le gouvernement israélien et l’Organisation de Libération de la Palestine, l’OLP, sous l’égide de Bill Clinton. C’était déjà un accord de l’espoir et de la souveraineté de la Palestine.  Pour finir le cynique travail du vassal de Donald Trump, il restait ce mardi 23 juillet, 225 appartements à raser. Une injustice de plus qui n’apportera que des communiqués lapidaires de la part des Capitales du monde entier. Là encore, rassuré et fort de sa tutelle américaine,  le maître du Moyen Orient a écrasé de son mépris la « Convention de Genève et le statut de Rome stipulant la protection des citoyens par l’occupant».
Dans les conditions actuelles de la Palestine et d’Israël cuvée Benjamin Netanyahu, l’amour et l’amitié s’excluent l’un l’autre. Le système de colonisation et de l’injustice qui se lègue depuis 1948 à tous les exécutifs de Tel Aviv, les mesures prises dans ce contexte, les transferts forcés,  les expulsions, les démolitions et les exactions qui dénient le droit international et les conventions en rigueur que Tel Aviv paraphe sournoisement ne semblent pas émouvoir Israël. Et nous dignes musulmans du monde entier, nous regardons nos enfants palestiniens subir,  souffrir mais courageusement lutter d’une ère à l’autre, sans pouvoir réagir. Est-ce la destinée du pays d’El Qods ? Dieu seul le sait…
Par Fayçal Haffaf