mercredi , 21 novembre 2018

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PALESTINE: Un génocide à petit feu

Lorsqu’en ce jour du 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait par 33 voix contre 13 et 10 abstentions, le plan de partage de la Palestine et la création d’Israël entre la Méditerranée et le Jourdan, l’actuel disciple du maître du monde Donald Trump n’était pas encore né.
Benjamin Netanyahu a donc vu le jour un 21 octobre 1949 en terre palestinienne, exactement à Jaffa, deux ans après l’affectation aux juifs par les Occidentaux d’une enclave luxuriante inespérée, la plus riche du Moyen Orient en ressources hydriques et en terres généreuses. Netanyahu a donc pensé qu’Israël a toujours existé dans cette contrée. Je me demande même pourquoi, vu son caractère belligérant, il n’a pas encore décidé que c’est Israël qui a concédé aux vainqueurs de la deuxième guerre mondiale, d’abriter la Palestine sur ses espaces exubérants.
Depuis son avènement comme Premier ministre en 1996, Netanyahu œuvre crânement à repousser les Palestiniens en dehors de leurs contrées naturelles divines. Après avoir définitivement éliminé du paysage politique le Parti des Travaillistes et son leader Shimon Pérès, le fer de lance du Likoud et de l’extrême droite s’est inexorablement ouvert les portes de la conquête de la Palestine. Sa tactique sur fond de patience et des impuissances du monde arabe, l’usure.
Par provocations quotidiennes du peuple palestinien, par le démembrement et l’expropriation de leurs terres promises, par l’aménagement à répétition des colonies, il traque les Palestiniens où qu’ils se trouvent. Avec la bénédiction des Américains et des autres puissances européennes qui feignent d’être choquées par des communiqués que le Cabinet Netanyahu ne doit même lire. Et vu les facilités avec lesquelles il entreprend depuis 20 ans la destruction de la Palestine, ce n’est donc pas surprenant que le dernier acteur invétéré en charge d’un génocide maladroitement maquillé, entend démolir le village emblématique de la résistance palestinienne, Khan El Ahmar.
Ce sinistre projet existe depuis une dizaine de boucles en raison de son cachet historique de résistance à l’occupant sioniste. Situé à l’extérieur d’El Qods, sur la route de Jéricho et incrusté entre deux colonies, Khan Al Ahmar abrite 200 bédouins, vivant tous dans des abris de tôle et de toile. Si Netanyahu n’a jusque-là pas concrétisé son vieux et inhumain dessein, c’est en raison d’une bataille juridique qui la retarde depuis de longues années. On mesurera mieux les intentions et le respect que Netanyahu accorde aux bédouins palestiniens en rappelant qu’il leur a réservés comme site deux décharges géantes d’ordures et de saloperies qui font le bonheur des animaux et des maladies infectieuses. Et si le Premier ministre israélien avait suspendu l’opération qui a choqué le monde, Nations Unies, Union Européenne et l’aile modérée de la droite israélienne, Netanyahu reste intransigeant: «il ne s’agit que d’un sursis, prévient-il.
C’est notre politique et elle sera mise à exécution, n’ayant pas l’intention de la reporter indéfiniment, menace encore patron de l’entité sioniste. Signe de son mépris envers la planète, illustration parfaite de l’hypocrisie des institutions internationales qui s’étaient élevées contre l’implosion d’un village ancestral de 200 bédouins tous natifs et dépositaires du site, Netanyahou entend aller au bout de ses objectifs de génocide à petit feu.
On le sait déjà depuis 1949, nul ne protègera les Palestiniens. Les Occidentaux, les Américains en premiers, ainsi que les Arabes, se comportent comme si Netanyahou se  comporte en épouvantail. Plus fort encore, ils restent indifférents à l’extermination progressive des Palestiniens. Déjà, il a réussi la désintégration du tissu social palestinien. Depuis 1948, Israël n’a jamais respecté les engagements liés à sa création en terre arabo-musulmane. Les étapes terrifiantes de colonisation et d’occupations récentes des sites protégés d’EL Qods confirment que Benjamin Netanyahou, ses partisans et ses soutiens discrets, bafouent cruellement les droits des Palestiniens, jusqu’à épuisement.
C’est dans cet objectif inavoué qu’il avait par exemple encouragé la décision de Donald Trump de réduire considérablement le financement américain jusque-là attribué aux organisations internationales qui œuvraient au rapprochement des peuples palestinien et israélien. Il multiplie les mesures punitives à l’encontre de tout ce qui respire la Palestine, qu’il s’agisse de détentions arbitraires des jeunes de Gaza, hommes et femmes, de tirs à balles réelles contre les manifestants et de démolitions de villages comme c’est le cas de Khan Al Ahmar. Bref, tous les ingrédients d’un génocide.
En fait, Israël incarne désormais la protubérance politique la plus controversée de l’univers. Et Benjamin Netanyahu, celui qui fait de la confiscation des terres palestiniennes son leitmotiv génétique. Pour raser la Palestine.
Par Fayçal Haffaf