lundi , 9 décembre 2019

Panne de la «chaîne» d’exécution et de suivi des projets

Selon des commentateurs locaux, trois semaines seulement auraient suffi au nouveau Wali d’Oran pour cerner tous les dossiers et maîtriser tous les problèmes qui, depuis des années, pénalisent sévèrement la gestion des affaires locales et la politique de développement d’Oran et de sa région. En organisant mercredi dernier un premier conseil exécutif élargi, le nouveau Wali a sans doute estimé qu’il était «bien armé» pour interpeller les uns et les autres sur tous les sujets, notamment sur l’état des lieux des différentes opérations et projets inscrits au programme de la wilaya. Un état des lieux lamentable qui peut être illustré par le très faible taux de consommation des crédits, 18% au 30 août 2019, soit 645 milliards de consommés sur les 3 620 milliards disponibles. Évoquant cette réunion de l’exécutif lors de leur rencontre quotidienne autour d’un café, les «mauvaises langues» locales étaient outrées d’apprendre que des projets achevés n’ont pu être réceptionnés et utilisés pour de futiles raisons administratives ou des carences dans l’étude d’implantation de l’infrastructure. Une grande structure universitaire de 2 000 places pédagogiques, achevée et livrée il y a plus d’un an, n’est toujours pas utilisée en raison «d’une facture impayée par la direction de wilaya concernée au CTC». Un nouveau CEM, lui aussi totalement achevé, ne peut être encore utilisé car la voie d’accès, sans doute oubliée et en manque de financement, n’a pas été réalisée. Des inepties scandaleuses, et des retards récurrents, qui ont conduit le premier responsable local à mettre en place une «cellule de développement» spécialement chargée du suivi et de l’accompagnement des différents projets de développement local, tous secteurs confondus. Mais pour les observateurs avisés, qui assistent régulièrement à ces créations de comités de suivi, de commissions de régulation, de cellules d’analyse ou de contrôle,… initiées par des wali en poste, rien ne permet de dire qu’Oran serait enfin en route vers l’efficacité et le changement. Tant il est vrai que le terrain reste truffé par l’incompétence et le laxisme de bon nombre d’acteurs inamovibles, occupant des postes-clefs dans la chaîne d’exécution et de suivi des projets de développement. Une chaîne en panne, par manque d’intégrité, de compétence, et de sincère engagement. Il a fallut par exemple huit ans de médiocrité et de dérives dans le secteur de la jeunesse et des sports pour se rendre compte qu’il fallait enfin changer de responsable…

Par S.Benali