jeudi , 12 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Les cinq candidats se préparent à une campagne électorale inédite </span>:<br><span style='color:red;'>Par la force du programme et du discours</span>

Les cinq candidats se préparent à une campagne électorale inédite :
Par la force du programme et du discours

Le système, c’est précisément la principale cible des 5 candidats qui en font le préambule et pas mal de points dans leurs propositions. Pour les prétendants qui ont déjà affiché la couleur, à savoir Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, la méthode choisie n’est manifestement pas la même.

Abdelmadjid Tebboune et Ali Benflis ont mis respectivement, avant-hier et hier le pied dans le plat. En présentant leur programmes électoraux, les deux anciens Premiers ministres ont fait un sérieux pas en direction d’une campagne électorale qui s’annonce ardue pour l’ensemble des candidats. Outre le climat politique, électrifié par une contestation, pour le moins bruyante, les cinq prétendants à la magistrature suprême auront à faire un vrai marathon politique, ressemblant à celui de la présidentielle de 1999 où le président sortant n’était pas candidat à sa propre succession. C’est d’ailleurs l’argument massue de Abdelkader Bengrina qui s’exprimait, hier, dans le cadre du forum du quotidien El Wassat. Le candidat islamiste qui n’a pas encore présenté son programme électoral dit croire à toutes ses chances et semble presque certain qu’un deuxième tour s’imposera fatalement et qu’il y sera présent. Quant à Abdelaziz Belaïd, dont l’annonce de son programme et le slogan de campagne interviendra jeudi prochain, il procède avec méthode et peut créer la surprise, en ce sens qu’il se déplace énormément et mise beaucoup sur l’Algérie profonde, les grandes villes étant déjà difficiles à convaincre pour cause de mouvement populaire persistant. Mais dans le même temps, le président du Front El Moustakbel affiche une mine décomplexée et c’est, d’ailleurs le seul candidat qui dit ce qu’il pense du Hirak et l’assume pleinement. Il reste que la campagne qui, soit dit en passant, n’a même pas encore démarré, promet pas mal de surprises désagréables et notamment à Abdelaziz Belaïd qui pourra difficilement occulter son passé militant au sein du système qu’il affirme vouloir combattre.
Le système, c’est précisément la principale cible des 5 candidats qui en font le préambule et pas mal de points dans leurs propositions. Pour les prétendants qui ont déjà affiché la couleur, à savoir Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, la méthode choisie n’est manifestement pas la même. Alors que Benflis entend attaquer par un renouvellement automatique des deux Chambres du parlement, suivi par la refonte de la Constitution, Tebboune privilégie un lifting dans l’exécutif et un plus grand contrôle des institutions. Les propositions-phare du candidat indépendant concernent le volet politique et social. Dans la présentation de son programme, Tebboune a lourdement insisté sur les conditions de vie des citoyens, au moment où Benflis s’est plus intéressé aux aspects bien plus politiques, à l’image des libertés démocratiques et autre indépendance de la presse et de l’institution judiciaire.
L’on s’attend objectivement à ce que les trois autres candidats aillent dans le même sens sur l’ensemble des dossiers qui préoccupe les citoyens. Cependant, ce qui changera, ce sera la manière de présenter le programme. Certains seront plus populistes que d’autres et il ne restera, en principe que la force de l’argument pour convaincre les électeurs.
Cela devra se réaliser à l’occasion des débats télévisés promis, par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie ). Face à des millions de téléspectateurs, chaque candidat devra trouver les mots pour convaincre les électeurs et abattre le discours des concurrents. Même si on n’en n’est pas encore là, il y a lieu de souligner que la présidentielle du 12 décembre prochain sera très différente des précédentes, de part le débat entre candidats qui sera télévisé…
Anissa Mesdouf