mercredi , 24 juillet 2019

Passation de marchés et non-suivi des chantiers…

Tricher sur des opérations de réalisation de logements, de marchés couverts ou de stade de proximité ne répondant ni aux normes en vigueur ni au cahier des charges, peut en effet permettre à certains «affairistes» prédateurs de détourner quelques dizaines de milliards d’argent public, avec la complicité de quelque responsables installés dans les rouages de l’administration locale. Ce système, connu depuis longtemps, a ainsi permis à quelques nouveaux «micro-entrepreneurs», de remplir frauduleusement leur caisse en trichant sur la qualité et la quantité du produit qu’ils devaient livrer. L’étanchéité du toit d’une école, le revêtement d’une route ou d’un trottoir, la clôture d’un terrain, la pose d’une conduite d’AEP ou même la plantation de fleurs ou de palmiers sont souvent réceptionnés par les mairies concernées sans même vérifier et encore moins dénoncer la moindre anomalie visible sur l’ouvrage tout au long du chantier. Il n’y a pas longtemps, un article de la presse local faisait état de tricheries, «découvertes» par hasard (?) par le rédacteur du papier qui a vérifié lui-même le mauvais dosage sable-ciment du mortier utilisé par un opérateur en charge du revêtement du trottoir du Bd Front de mer. Légitiment indigné, notre confrère a dénoncé le fait que cette pratique, selon lui, se déroulait «au vu et au su des autorités locales concernées!». Pensait-il vraiment que le Maire ou le Wali d’Oran n’avait rien d’autre à faire que d’aller compter le nombre de sacs de ciments devant être mélangés aux brouettes de sable utilisé ? En réalité, ce genre de tricheries visant à réduire illicitement les charges et les dépenses pour gonfler le bénéfice, sont inscrits depuis des décennies au registre global des maux et des fléaux hérités par la déstructuration sociale, l’absence d’éducation civique et citoyenne, et le recul des valeurs morales. Le climat d’impunité induit par un système de gouvernance fondé sur la cooptation, la corruption et l’allégeance au plus fort du moment, allait encourager la course au gain rapide et le plus souvent illicite. Ce qui allait fatalement pénaliser l’état des lieux de la gestion locale «confiée» à des élus qui passent souvent leur temps à s’étriper et à s’accuser mutuellement de dérives et malversations. A Oran, bien plus qu’ailleurs, le nombre d’élus et de responsables communaux ayant des attaches familiales avec des opérateurs privés, petits ou grands, connus ou débutants, est trop important pour ne pas inquiéter l’opinion sur le respect des règles et des procédures de passation de marchés publics et de réalisation des travaux.

Par S.Benali