dimanche , 26 janvier 2020

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Pétrole: l’alternative est en marche

Les premiers mois de l’année 2019 ont confirmé une tendance appelée à s’installer durablement dans la donne économique du pays. Les prix du pétrole qui ont flirté l’année dernière avec les 72 dollars, campent autour des 65 dollars. Il est donc clairement établi que l’Algérie a les deux pieds dans une nouvelle ère économique. L’aisance financière qui aura duré plus d’une dizaine d’années, fait désormais partie du passé. Les ministres du gouvernement Ouyahia, ainsi que pas mal de responsables chargés des questions sociales et économiques, se sentent déjà l’obligation d’intervenir sur le terrain pour annoncer la couleur, à savoir que rien ne changera dans le quotidien des Algériens, histoire de chasser le stress qu’une foule d’«experts» mal intentionnée, entretien en annonçant le déluge en 2020. Ainsi, les prix du pain, du lait, de l’électricité et de l’eau ne connaîtront pas de hausse conséquemment à la chute du prix du pétrole, insistent les représentants de l’Etat.
Le propos est martelé avec une insistance telle que les «mauvaises langues» qui annonçaient la période des caches maigres, ont baissé le ton. Il y a là une victoire médiatique du gouvernement sur ses détracteurs. Mais cette victoire est simplement médiatique et les Algériens le devinent assez bien. Et pour cause, l’Algérien moyen affiche tout même une inquiétude, même si elle se veut mesurée. Objectivement, il serait «bizarre» qu’il ne se passe rien, avec la baisse des recettes que tout un chacun constate au quotidien. Le quidam ne le dit pas, mais les cinq années de résistance sont autant de victoires prises sur les mauvaises langues. Il est vrai que le pays n’est pas dans la situation de 1986-1990. L’Algérie a disposé et dispose toujours d’une marge suffisamment importante pour voir venir. Les solutions préconisées jusque-là, ont permis aux Algériens de ne pas souffrir de la baisse des prix du pétrole, mais cette assurance s’amenuise de jour en jour. Est-ce une raison pour crier à la catastrophe approchante ? Tous les patriotes doivent combattre ces idées noires et se concentrer sur le programme de diversification de l’économie. Après la phase réussie, en 2017 qui a consisté à ne plus importer du ciment et du fer, mais à en exporter, il y a l’étape 2022 où le pays est appelé à renforcer les exportations et celle de 2025 où l’Algérie cessera d’exporter du pétrole, pour le remplacer par les produits dérivés. Les prix du pétrole baissent certes, mais l’alternative est en pleine construction. Les annonces concrètes du ministre de l’Industrie et des Mines l’attestent.

Par Nabil.G