jeudi , 14 novembre 2019

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Pitoyable programmation du championnat dit «professionnel»

En Algérie, les passionnés du sport roi passent des après-midi plus juteux à vibrer aux sons et aux ambiances des galeries créatrices que des mauvaises fresques footballistiques interprétées par des médiocres. La faute à qui ? A une programmation pitoyable du championnat de la super élite.
Dans l’actuelle et neuvième saison de Ligue 1 professionnelle, nous sommes à la 8ème journée et seules, 5 formations sur 16 ont totalement soldé leurs premiers 7 matches. Il s’agit d’Ain M’Lila, du NC Magra, du CS Constantine, de l’ES Sétif et du NAHD ? Quatre autres ont joué 6 rencontres, 5 équipes ont bouclé 5 confrontations et, apanage du passe-droit, 2 privilégiés, la JS Saoura et l’USM Alger ont daigné participer à 4 débats en interne. L’institution responsable de la gestion du football professionnel s’est mue, définitivement et lamentablement, dans ses vieux réflexes de reports de matches à tour de bras, privilégiant les grosses cylindrées engagées dans les coupes d’Afrique et arabes, se pliant aux gâteries des présidents de clubs concernés et reléguant au rebu tout le reste, ces écuries sommées de se plier aux caprices de ceux qui vont soi disant nous enrichir de nouveaux trophées. Dans ce registre hélas, l’époque faste des succès en Champion’s Ligue Africaine ou en compétition arabe, s’est effacée avec l’Entente de Sétif et la JS Kabylie. Le récital des matches reportés à volonté est devenu inapproprié. Il pose également un problème d’injustice envers les clubs condamnés à dépendre de nos représentants aux compétitions internationales pour planifier leurs feuilles de route.
Comment rêver d’un niveau de compétition, pis encore, à de réels spectacles, si les acteurs des près verts s’exhibent un week-end sur deux, souvent toutes les trois semaines ? Beaucoup de pensionnaires de la Ligue 1 pâtissent de la programmation des matches à la volée. Si elle n’est pas à la tête du client, elle ne s’inscrit pas dans le raisonnable. Le cas de l’ASO Chlef qui a accueilli l’USM Bel-Abbès pour le compte de la 7ème boucle samedi dernier alors qu’elle n’a toujours pas soldé ses deux face à face contre la JS Kabylie, 4ème round, et le CR Belouizdad dans l’antre du 20 août, 6ème étape de ce championnat brûle d’illogisme. De même, le MC Oran s’était roulé les pouces durant 21 jours avant de recevoir le Mouloudia d’Alger. Plus incompréhensible fut la décision de programmer le match MC Oran – USM Alger alors que les retrouvailles entre la JS Saoura et les joueurs d’El Hamri, inscrites pour la 5ème halte demeurent cloitrées dans les tiroirs de la Ligue Professionnelle de Football. Cette stupidité fera parler une brebis lorsqu’on ajoutera qu’un autre match gît dans les méandres des programmes de la LFP, celui de MCO-PAC. Si le calendrier n’est pas rapidement repris et scrupuleusement appliqué, le club phare de l’ouest subira de sérieuses conséquences de la désorganisation qui prévaut dans cette compétition, parce qu’il n’aura joué que deux rencontres en…..53 jours. Qui dit mieux? Incompétence, trafic d’influence ou injustice ? Et comme dirait notre mémoire vivante du sport, notre fidèle Abdelkrim Remas, «il ne s’agit plus de compétition officielle professionnelle, mais d’animation».
Ce tableau du premier quart de championnat 2019/2020 fait provocation. Cette édition vit le pire. Presque toutes les équipes du palier professionnel se plaignent. Elles sont déstabilisées par l’absence de traçabilité et de visibilité du calendrier que les services de la LFP pétrissent, certes, souvent par situation de cause majeure, mais principalement faute criarde de modernité dans la gestion des compétitions. Sinon, comment expliquer que nous sommes les seuls dans le bréviaire des nations rompues au football professionnalisme à nous agiter chaque nouvelle saison autour d’un calendrier générateur de malaises et de mécontentements de la part de notre univers footballistique. Comment opèrent les fédérations européennes et maghrébines pour dresser une programmation annuelle agencée aux rendez-vous des coupes d’Europe, des trêves FIFA, des rencontres qualificatives à plusieurs compétitions continentales? Comment expliquer que Liverpool a aligné la saison dernière 77 matches officiels en 10 mois, dont 38 pour la Première League ? Que penser de Manchester United qui assure un match de coupe d’Europe à 9500 kilomètres de l’antique Albion, Astana, la capitale du Kazakhstan, au cœur des mers de glace avant de jouer un match de championnat 3 jours plus tard ? C’est parce que les présidents de clubs s’assument dès l’engagement de leurs équipes aux compétitions officielles. S’impose désormais, le moment de suivre des stages de gestion des programmes de championnat, d’acquérir le logiciel spécial pour cette activité, de s’y familiariser et d’habituer nos nobles patrons de clubs à ne plus se présenter pour supplier un report de match.
Sinon, notre football de l’élite restera toujours caporalisé par les mentors de la balle ronde. A bon entendeur !

Par Fayçal Haffaf