jeudi , 14 novembre 2019

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Place au dialogue

Alors qu’il est acté aujourd’hui que les élections du 4 juillet ont réellement vécu cette fois avec l’annonce du Conseil constitutionnel qui a rejeté les deux dossiers de candidature à la magistrature suprême. Il reste donc évident qu’il faut chercher la parade face à cette situation inédite à laquelle fait face l’Algérie. Une situation qui remet tout à plat et interroge sur les sorties possibles qui s’éloignent de plus en plus de la constitution et appellent forcément à un mixte entre les deux. A savoir, un respect plus ou moins proche de la constitution et une inévitable solution politique.
Mais il faut reconnaître que cela fait déjà un long moment que les acteurs de la vie politique algérienne ont saisi que l’organisation des élections du 4 juillet n’avaient aucune chance de se faire et que fatalement ce choix allait se casser face au refus quasi général et du hirak et des partis politiques. La chose étant aujourd’hui entendue, il faut se retourner vers la meilleure solution, à savoir, l’ouverture d’un dialogue inclusif où tout sera mis sur la table.
Il s’agit d’un dialogue et non d’un affrontement comme peuvent le nourrir certains. Il s’agit de trouver les solutions les plus partagées pour sortir le pays de l’impasse dans laquelle il se trouve. Dialoguer c’est accepter de céder et de voir le camp d’en face en faire de même. Ce ne sera pas facile à la lumière de ces quelques rencontres que l’on a pu suivre sur certaines tv et radios, mais il faut un début à tout et surtout un cadre précis dans lequel s’engageront ces rencontres.
L’essentiel c’est de faire avancer la solution la plus consensuelle et qui réponde vraiment à l’attente des Algériens qui veulent reprendre le fil normal de leur vie. Une reprise qui viendra couronner des mois de mobilisation et de lutte et qui verra au bout, pour une fois dans l’histoire de ce pays, les urnes triompher en donnant les clefs du pays à un homme légitime capable de lancer toutes les reformes qu’il jugera en conformité avec les aspirations du peuple.
Autrement dit, il faut éviter de remettre les destinées de la nation entre les mains de gens désignés, donc fatalement souffrant de légitimité, qui imposeront une transition sans fin et une constitution qui sera remise en question quelques années plus tard. L’objectif sera plutôt de garantir des élections honnêtes et transparentes en mettant en place des mécanismes et institutions de surveillance des élections qui auront à superviser l’opération électorale de bout en bout et sortir avec un président choisi par la majorité des Algériens.

Par Abdelmadjid Blidi