mardi , 2 juin 2020

Plaidoyer pour la restauration de la Mosquée du Pacha

A l’occasion de la célébration de la Journée du Savoir (Yaoum El Ilm), le Président de la République a affirmé, mercredi dernier, avoir ordonné la restauration de toutes les «vielles mosquées» d’Algérie. Au delà de la profondeur du message du Chef de l’Etat qui a rendu hommage aux grands Hommes et aux érudits ayant marqué l’histoire de la renaissance de la Nation de leurs empreintes, grâce à leurs sacrifices, hauts faits et abnégation, le président de la République a également et judicieusement mis le doigt sur l’un des volets délaissés de la politique de préservation des monuments historiques religieux. Bon nombre de citoyens oranais ont été ravis d’entendre cette déclaration du Président Tebboune, ordonnant aux responsables et gestionnaires concernés, de procéder à la restauration de toutes les vieilles mosquées du Pays. Et en toute logique, chaque citoyen n’a pu s’empêcher d’avoir une heureuse pensée pour tel ou tel ancien édifice connu pour son passé historique mais depuis longtemps abandonné et livré à la détérioration par le laxisme des hommes et les blessures du temps. C’est notamment le cas de cette vieille et belle mosquée du Pacha à Oran, qui depuis des décennies, attend toujours un sérieux projet de restauration. Et pourtant, en moyenne tous les quatre ou cinq ans, les pouvoirs publics annoncent un prochain démarrage de travaux de réhabilitation, à chaque fois reportés ou abandonnés pour de sombres raisons. En mai 2017, le leader africain de l’industrie sidérurgique, le groupe turc Tosyali-Algérie, s’était engagé officiellement à prendre en charge la restauration de deux monuments historiques remontant à l’époque ottomane, à savoir, le palais du Bey Mohamed El-Kebir et la mosquée du Pacha. Les autorités locales de l’époque, avaient alors officiellement annoncé le début des travaux de restauration de la mosquée en juin 2018. Il n’en sera rien, à ce jour. Sur plus d’une vingtaine de sites et monuments classés ou non classés et concernés par des opérations de réhabilitation ou de restauration, seuls deux ou trois ont été réellement pris en charge soit par des programmes sectoriels ou par des budgets spéciaux. Tout le reste semble avoir été pénalisé par les décisions de gel liées à la crise économique imposant des mesures d’austérité. Mais ce que beaucoup d’Oranais, profanes en matière d’inscription et de conduite des projets, ne peuvent comprendre et expliquer, est le fait que certains sites comme l’église de Santa Cruz ou les Arènes d’Oran, ont bénéficié d’opérations de réhabilitation, tandis que la Mosquée du Pacha et d’autres lieux de culte demeurent marginalisés, oubliés par la politique de préservation du patrimoine, si toutefois elle existe.
Par S.Benali