mardi , 11 décembre 2018

Platitudes et Absence de créativité

Après le décès des deux regrettés ténors et chantres de la chanson oranaise, Ahmed Wahbi et Blaoui Houari, la scène artistique semble figée et dans une certaine léthargie, éclairée par les mêmes et rares talents issus des nouvelles générations à l’image notamment de Houari Benchenet, Souad Bouali, Baroudi Benkhedda, Maâti El-Hadj, Djahida Youcef, Khaldi Abdelkader et bien d’autres. L’actuelle édition du festival de la chanson oranaise venue compenser le festival du rai délocalisé à Sidi bel Abbes, a montré encore une fois ses limites et son incapacité à enrichir et promouvoir ce volet culturel basé sur improvisation. Dans cette arène artistique envahie par le désordre bouillonnant du Rai et de ses annexes controversées, la chanson oranaise s’égare de plus en plus dans les mémoires sinueuses et meurtries par les conjonctures sociales.
D’année en année, au rythme des agitations de façade, visant à combler le vide, la chanson oranaise risque fort un jour, de perdre ses liens et ses repères. L’émergence des «Chebs», au surnom parfois bizarre, comme «Japoni», «Rilizani», et autres «, mobilise l’intérêt d’une majorité de jeunes, conquis par les sonorités et les nouvelles vibrations, des musiques commerciales mondialisées. La chanson oranaise n’existe désormais plus que dans les vieux souvenirs que l’on tente de restaurer. Et cela, malgré les efforts de quelques rares élites intellectuelles, enseignants et chercheurs, qui tentent de sauvegarder le patrimoine.
Loin de redorer le blason de ce genre musical, le «festival» dédié à la chanson oranaise, a encore une fois montré ses failles et ses limites, à travers un «uniformisme institutionnel», géré par un des acteurs, soucieux uniquement de garnir son plan d’action, et son calendrier estival. Les soirées musicales qui se succèdent dans cette enceinte du théâtre de Verdure, ne pouvaient recevoir que le public de conjoncture, assez nombreux en cette période de vacances estivales. Rares sont ceux qui avaient décidé de faire un long déplacement pour venir ici écouter un vieux refrain oranais.
A défaut de rayonner sur toute une ville, en panne d’animation digne de grands événements culturels. Ce festival est resté encore une fois, inscrit au registre des platitudes et de l’absence de créativité qui forgent l’arène locale depuis des décennies…

Par S.Benali