dimanche , 15 décembre 2019
<span style='text-decoration: underline;'>Exclusion de la téléphonie mobile du dispositif préférentiel </span>:<br><span style='color:red;'>Plus de 26.000 emplois menacés </span>
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Exclusion de la téléphonie mobile du dispositif préférentiel :
Plus de 26.000 emplois menacés 

Le taux d’intégration nationale dans le montage de la téléphonie mobile demeure marginal. Mais, le Collectif croit savoir que «les perspectives de leur amélioration étaient importantes». En somme, les assembleurs veulent convaincre la ministre de ne pas sacrifier le bourgeon d’industrie.

L’ exclusion pure et simple de l’industrie naissante de l’électronique et de l’électroménager du système d’avantages fiscaux et douaniers, prévu par le loi des Finances 2020, a été très mal reçu par les professionnels de la filière. Ces derniers au nombre d’une quarantaine et employant plus de 26.000 travailleurs entre directs et indirects, ont réagi hier, à travers un communiqué où ils estiment la décision du ministère de l’Industrie et des Mines, infondée et ne répondant à aucune logique économique. Les assembleurs de Smartphones ont été jusqu’à affirmer que le département de Mme Dajamila Tamazight s’est appuyé sur «des données totalement erronées», pour prendre une décision porteuse de «répercussions néfastes aussi bien sur les producteurs que sur l’économie nationale». Etant mis devant le fait accompli, le Collectif mise en dernier recours sur la compétitivité du produit assemblé localement en agissant à la hausse. Il se trouve que la hausse des «droits de douanes du régime SKD concernant la téléphonie mobile», tout en gardant en l’état le «Droit additionnel provisoire de sauvegarde (DAPS) pour l’importation des produits finis». Pour les assembleurs, pareille disposition maintiendrait le produit local compétitif.
En plus de cette proposition, le Collectif plaide en faveur de la mise en place d’«un Comité regroupant des représentants du ministère de l’Industrie et du Collectif des fabricants, pour travailler sur un plan de conversion du régime SKD vers le régime CKD». C’est l’option qu’a toujours cherchée à favoriser le ministère de l’Industrie et des Mines. L’on comprend ainsi, qu’après le coup de semence, les assembleurs ont compris leur douleur et veulent faire évoluer la filière, en coordination avec la tutelle. Ils campent néanmoins, sur leur position initiale et tentent, en étalant des chiffres, apporter la preuve de leur efficacité, même en l’état actuel des choses. Ainsi, ils disent que «l’importation des téléphones mobiles était majoritairement en produits finis et soumise à un droit de douanes réduit à 5%». L’on apprend, dans le même contexte, qu’une «baisse de la facture à moins de 230 millions subséquemment à l’interdiction de l’importation de produits finis, engagée en 2017. En 2018, cette même facture a atteint 511 millions, suite à la conversion des importations de produits finis vers l’industrie de montage local (SKD)».
Il reste que malgré ces chiffres positifs, le taux d’intégration nationale dans le montage de la téléphonie mobile, demeure marginal. Mais, le Collectif croit savoir que «les perspectives de leur amélioration étaient importantes». En somme, les assembleurs veulent convaincre la ministre de ne pas sacrifier le bourgeon d’industrie qui existe depuis 2007, mais qui a connu un grand essor ces deux dernières années. Ces arguments arrivent peut-être trop tard et l’on s’attend à des fermetures d’usines de montage de la téléphonie mobile. Ceci dérégulerait le marché et il sera difficile d’identifier l’origine et la qualité des produits importés.
Les assembleurs ont réagi à la décision du ministère de l’Industrie et des Mines, de les soustraire du régime préférentiel, arguant «la faiblesse du taux d’intégration nationale enregistré dans la filière et la hausse de la facture d’importation de ses composants». Le ministère justifie sa décision par «deux années d’observation de l’activité ayant permis de constater qu’il s’agit dans la majorité des cas d’importation, de produits finis déguisés». Il semble que les assembleurs ont compris leur douleur, et sont prêts à négocier, mais trouveront-ils une administration obtuse ou un véritable segment régulateur de l’économie nationale ?
Nadera Belkacemi