vendredi , 23 août 2019

Préservation et amélioration du cadre de vie collectif

L’étude du nouveau plan de circulation est revenue encore une fois au débat local, accompagné cette fois du vieux dossier concernant l’aménagement des principales stations de taxis au niveau du groupement d’Oran. L’annonce, émanant des services de wilaya concernés, et reprise par les média, a suscité peu d’intérêt au sein de l’opinion locale habituée à ce genre de déclarations et de promesses d’aménagements sans lendemain. Tant il est vrai que les oranais, accoutumés à l’état des lieux anarchique du secteur des transports urbains, ne croient plus à la moindre action ou initiative annoncée ou programmée par les pouvoirs publics. Notamment, en matière d’organisation et de gestion des circuits du transport collectif et de gestion des flux de circulation. On sait à quel point, le dossier des arrêts de bus, des gares urbaines, des stations de taxis, et de bien d’autres dossiers liés à ce crucial chapitre de fonctionnement de la Ville, demeure depuis des décennies livré à la nonchalance et aux médiocres improvisations corrigées chaque année au gré des visions de nouveaux responsables. Ces dernières années, la multiplication anarchique des «sociétés» de taxi, la prolifération des taxieurs clandestins occupant parfois des espaces de stationnement connus et reconnus de tous, la «clochardisation» de l’activité des opérateurs de transporteurs qui ne répond à aucune règle d’hygiène, d’entretien, de confort , de savoir-faire, ni parfois même de sécurité, la disparition des vieilles stations de taxi où le citoyen pouvait se rendre pour attendre son tour, et bien d’autres images encore témoignent du chaos inégalé atteint dans ce domaine de fonctionnement de la vie collective en milieu urbain. Et ce qui semble encore plus risible, et choquant, est le fait d’entendre encore ces discours au chevet de la cité faisant état de projets d’amélioration initiés, disent-ils à chaque fois, «afin d’accueillir dans les meilleures conditions les prochains Jeux méditerranéens prévus en 2021». Ce qui peut signifier que sans cette manifestation sportive internationale, Oran n’aurait même pas droit à ces rafistolages de son tissu défiguré depuis des décennies par l’abandon et le recul des valeurs et des normes élémentaires de préservation et d’amélioration du cadre de vie collectif. Mais c’est là un autre débat.

Par S.Benali