dimanche , 17 novembre 2019

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Préserver le hirak des souillures du football

Dans notre sport roi, plus je vois les malaises s’enchaîner, plus je vois ses acteurs tourner verser à la vendetta, plus je crois à la simplification, celle de prendre du recul pour assainir l’environnement du sport roi, d’en éjecter ses buses et de le dissocier de la trame politique qui pèse sur notre pays. Ce qui s’est passé lors de la dernière coupe d’Algérie, les réactions intempestives et le désordre servis par l’actualité récente du Mouloudia d’Oran, jettent le froid sur une discipline sportive reine de plus en plus porteuse de dépassements et de risques d’insécurité.
Lors de la 55ème finale censée symboliser le bouquet d’artifice de la saison, la fête et la communion avant de se projeter dans le futur, des tentatives d’agressions du ministre de la Jeunesse et des Sports ainsi que du président de la FAF à l’intérieur même de l’enceinte de Blida, ont démontré que la population algérienne, celle du fier et majestueux Hirak, est infiltrée de groupuscules animés de sordides intentions parfaitement dirigées par les ennemis calfeutrés de la Révolution pacifique. Les cibles visées, deux jeunes pousses de cette transition sensible fragile et sensible, n’ont jamais goûté à la marmite de l’ancien système politique objectivement décrié par les Algériens pour la bonne cause. La preuve que cette opération était structurée, relève de la deuxième agression perpétrée sur l’autoroute du retour envers le patron de la fédération et d’un autre cadre du département de la Jeunesse et des Sports. Il était clair que ces attaques participaient d’un projet de déstabilisation de la société, notamment de fragilisation du Hirak.
Dans la foulée de ce tumulte, et alors que le Mouloudia d’Oran œuvrerait en ce début de semaine à s’extirper du malaise managérial et financier qui a failli le basculer dans le purgatoire, des manifestants sortis du néant mais à l’évidence bien préparés, ont jeté le trouble sur une opération exclusivement sportive, dans le strict objectif de développement du club, de son financement, son assainissement et sa professionnalisation. Le projet d’extirper la maison mouloudéenne des marécages dans lesquels elle s’embourbe depuis dix ans, ne s’était pas enclenché que des perturbateurs se sont immiscés. Simple réaction de supporters ou mouvement dicté par des extérieurs politiques ? Ce qui se confirme, c’est que l’actuelle conjoncture, l’atmosphère des marches et des regroupements, se prête à de louches initiatives de sabordements du somptueux élan populaire pour rebondir vers la démocratie, la justice et la lutte contre le pillage systématique des richesses de l’Algérie.
 Depuis trois ans, le football algérien se nourrit de calomnies à répétitions, des affrontements verbaux qui alimentent grassement les médias, lesquels à leur tour régalent le public. Surtout à l’international, vu que les réseaux sociaux et les grands titres étrangers exploitent goulûment. Rien n’échappe à ce spectacle navrant proposé aux satellites, aux imprimeries et aux outils domestiques de la communication. Les affaires du ballon rond sont en train de jeter leur linge sale sur les travées du Hirak. Ces feuilletons grossiers qui véhiculent les confrontations invariablement engluées sur des jeux d’intérêts personnels. Dans cette ambiance, vaut mieux suspendre les compétitions de football, carrément le temps que notre pays retrouve la sérénité d’un état solidement structuré, avec un chef d’Etat proprement élu et un exécutif aux couleurs du renouveau de la confiance et de la compétence.
 Sous le chapiteau actuel du football, n’importe qui peut raconter n’importe quoi sur un responsable, un entraîneur, un président de club, un journaliste, un ministre. Le règne de la médiocrité, celui des mensonges, des jugements de valeur, de la guerre des communiqués et des plateaux TV, occupe le terrain. Le plus grave dans ces péripéties vient des clubs qui ne séparent pas leurs vrais supporters des envahisseurs. Ebahie, la société civile assiste à des échanges théâtraux, avec cette inconfortable sensation de vivre une tranche tragi-comique de la vie sportive du pays. Les derniers épisodes en date, ceux de la coupe d’Algérie, du Mouloudia d’Oran, ajoutés aux scabreuses affaires nées des dernières journées de ce championnat des Ligues 1 et 2, invitent bien à réfléchir sur l’arrêt des compétitions.
Pour que le Hirak soit préservé de toutes les souillures du football.
Par Fayçal Haffaf