dimanche , 26 janvier 2020

Prévenir vaut mieux que guérir

Le tronçon de route effondrée au niveau du pont Zabana, a été enfin réparé et remis à la circulation, au grand bonheur des milliers d’usagers qui empruntent chaque jour ce trajet. Après huit mois de travaux de réparation de la chaussée affaissée, les véhicules ont depuis lundi dernier, emprunté cette voie d’accès importante, reliant le port et le centre-ville, à la sortie Sud de la Cité. Et l’événement fut salué, fêté et applaudi, sous le regard des autorités locales, venues constater le retour à la normalité, comme si, il s’agissait-là d’un triomphe technologique ou d’un exploit urbain méritant tous les éloges. Pourtant, huit mois de travaux pour réparer un morceau de route «cassée», semble être a priori, un délai bien trop long, même pour n’importe quelle petite entreprise de travaux. Mais il se trouve, que ces travaux ne consistent pas simplement à combler le grand fossé et refaire le revêtement routier, mais surtout, à consolider le sol fragilisé par on ne sait quels «phénomènes micro sismiques», que l’on dit fréquents sur cette zone côtière, connue des spécialistes. D’où la question posée par le bon sens populaire: Pourquoi avoir décidé de prolonger le Front de Mer vers l’est, le long de cette «frange marine» qui ne peut supporter des constructions en hauteur ? Un ancien projet datant des années 80 à l’époque du défunt Wali Rachid Merazi, avait bien été abandonné, suite aux résultats d’analyse des sols sur cette zone devant accueillir on s’en souvient, les infrastructures inscrites à l’horizon «Oran 2000». Il est vrai, que depuis la technologie des constructions, a bien avancé et que certaines données ont changé, permettant d’édifier à peu près n’importe quoi, n’importe où… même en pleine mer. Mais de là, à aller se hasarder à bâtir un pont et de grands immeubles sur un terrain jugé par les experts, porteurs de risques d’affaissement, c’est un pas, qu’il ne fallait peut-être pas franchir, de manière aussi brutale et téméraire. Certains prétendent, à tort ou à raison, que le tronçon de route effondré, a été remis en état, «dans les règles de l’art et le respect des normes, les plus rigoureuses en la matière». Selon les sources officielles en charge du dossier, les causes de l’affaissement seraient liées aux malfaçons et aux «erreurs de calcul» commises lors de la réalisation de la station de relevage implantée dans cette zone. L’erreur, nous dit-on, a été corrigée. Les eaux sous-terraines de la profonde galerie de «Cueva d’el Agua», auraient été captées et refoulées et le sol a été stabilisé en cet endroit, supportant un pont et de grands immeubles… Mais ne fallait-il pas prévenir, plutôt que d’être contraint de guérir, à gros coups de dépenses publiques, ce genre de risques d’effritement du sous-sol, dans des zones urbaines pourtant recensées par les experts ?

Par S.Benali