vendredi , 5 juin 2020

Problématique des bidonvilles et incohérences urbaines

D’année en année, et depuis très longtemps, le phénomène des bidonvilles n’a jamais cessé de s’amplifier, étalant la laideur et la misère de ses baraquements dits illicites sur le tissu urbain et autour de la grande ville. Certains anciens sites précaires, autrefois appelés «douars», tels que Sidi El Bachir, Boudjemaa, Belgaid, Bouamama, Nedjma, et bien d’autres, ont fini avec le temps, à s’intégrer dans la banlieue oranaise, devenant même de petites agglomérations plus ou moins organisées mais toujours en quête de structuration et d’harmonie urbaine. A l’image de ces quartiers périphériques, ex-Fernand-ville ou Bernard-ville, où les baraques, remplacées par les premières grandes et hideuses villas, étaient anarchiquement «alignées», sans aucun réseau d’assainissement d’eaux usées, d’éclairage, ni de chaussées goudronnées. Le règne des fosses septiques, de la bouteille de gaz et du groupe électrogène avait duré prés de trois décennies. Ce n’est qu’au début des années 2000 que l’on a assisté à quelques sérieuses actions de régularisation et de maintenance urbaine, permettant aujourd’hui de qualifier abusivement ces endroits de «quartiers résidentiels». Des sites d’habitat individuel inondés par les commerces et les activités de toutes sortes, de la ferronnerie à la vente de matériaux de construction, en passant par les garages d’élevage d’ovins et même les unités d’emballage ou de confection des granulés de PVC… Mais c’est là un autre débat. Toujours est-il que la première ceinture de misère qui encerclait la ville au lendemain de l’indépendance a disparu, ou plutôt reculé, cédant la place à une urbanisation anarchique due à l’absence de stratégie et d’actions sur le long terme. Les bidonvilles ne cesseront pas de proliférer ici et là, sur les grands espaces fonciers encore disponibles à l’époque sur le tissu urbain. Douar El Flalis, jadis mitoyen è la cité «Batimat Etalian, Douar Cheklaoua, plusieurs fois rasé et renaissant de ses ruines, sont les plus célèbres sites de bidonvilles illustrant le laxisme et le populisme indécent des dirigeants de l’époque. Et à ce jour, malgré les engagements et les efforts indéniables des autorités en charge du dossier, le nombre de constructions illicites ne cesse d’augmenter. Stimulé sans nul doute par le vaste programme de relogement des occupants de l’habitat précaire devant être éradiqué. Mais comment stopper le flux des squatteurs, candidats au logement neuf par le biais du recasement? Comment éviter que des familles s’installent dans des mansardes de bidonville pour revendiquer un toit décent ? Une problématique, il est vrai, bien difficile à résoudre tant elle reste entourée et encombrée par plusieurs facteurs politiques, économiques et sociaux, générés par un système de gouvernance globalement défaillant.
Par S.Benali