samedi , 21 septembre 2019

Prolifération de l’habitat précaire

Un récent rapport des services de la Direction de l’Urbanisme et de la Construction d’Oran fait état d’une alarmante recrudescence des constructions illicites à travers la wilaya. Malgré les efforts indéniables engagés par les pouvoirs publics pour l’éradication des bidonvilles, le constat est jugé encore inquiétant. Le rapport officiel, rendu public récemment, indique en effet que pas moins de 41.000 constructions illicites, réparties sur 13 communes, ont été recensées, dont une grande majorité se situent autour du site des planteurs relevant du secteur urbain Sidi El-Houari de la Commune d’Oran où on dénombre, selon le rapport, pas moins de 20.000 habitations illicites. On sait par ailleurs que ce quartier des planteurs a bénéficié d’un programme spécial de 12.000 logements. Un premier quota de 4.000 familles ont été, jusqu’en 2015, relogées dans de nouvelles cités. Et une tranche de 6.000 autres logements sont en cours de réalisation dans les communes d’Oued Tlélat, Misserghine et Aïn El-Biya. Toujours selon la même source, on apprend que l’autre moitié des baraques illicites recensée, un peu plus de 21 000 ont été érigées à travers 47 sites répartis entre 13 communes, notamment Es-Sénia avec 2.012 constructions, Sidi Chahmi, avec 1.653 habitations et Mers El-Kébir (931) et Aïn El-Biya (380). Par ailleurs, on indique que depuis 2007, soit en un peu plus de dix ans, à peine quelque 15 000 constructions précaires et illicites ont été démolies à travers 25 bidonvilles totalement éradiqués. Ce qui, mathématiquement, montre bien que la spirale de l’habitat illicite reste encore bien pesante sur le tissu urbain puisque en moyenne à chaque baraque démolie, il en pousse encore presque deux sur différents sites devenus parfois irréductibles. A l’image de la zone des planteurs et Ras El Ain, à Oran ou dans les Communes d’Es-Sénia et Ain El Turk connues pour leur «attractivité» pour différentes raisons sociales à l’origine des flux de migration et de déplacement de population vers les grandes zone urbaines. Sans parler de la «quête du logement neuf» stimulée par les nombreuses opérations de recasement engagées dans le cadre de la politique de lutte contre l’habitat précaire.

Par S.Benali